Canada drame

Ciné week-end: Les Démons, de P. Lesage (sortie le 14 septembre 2016)

Premier long-métrage d'un réalisateur québécois sur un thème universel : l'enfance... Un film dont l'intérêt est hélas rapidement plombé par une mise en scène bien ennuyeuse et une disruption narrative plus que maladroite.

En attendant de partager avec vous notre avis sur le dernier Dolan (aimera ? aimera pas ?), on a voulu lorgner sur le paysage cinématographique actuel de ses frères québécois. Voici donc le premier film de Philippe Lesage, documentariste qui a retenu de son premier métier l'économie de mots et d'explications comme vecteur d'imagination (pour l'émotion, on repassera...). Pourquoi pas ? Après tout, le sujet le justifie pleinement.

Le cinéaste réussit particulièrement à capter l'univers de l'enfance à travers celle de Félix, qui semble vivre une vie sans histoires surtout parce qu'il ne laisse rien paraître. Autour de lui, le vernis du monde idéal des adultes se craquelle de plus en plus. En mettant au même niveau les petites humiliations, les secrets mal gardés, la violence physique voire la mort, Philippe Lesage nous rappelle que lors de cette période, tout est appréhendé sur le même plan, tout est occasion à angoisse, sans autre logique que celle qu'il incombe aux adultes de transmettre. Mais ceux-ci semblent trop préoccupés par leurs propres problèmes pour s'en soucier...

Ca ressemble à un bon film mais...

Le problème, c'est qu'une bonne idée ne suffit pas à faire un bon film. On ne saura presque rien de l'imaginaire de Félix, la tension du film reposant sur l'obscurité totale du métabolisme de l'angoisse au sein de sa psyché. Bien trop long, abusant de plans-séquence inutiles (n'est pas Haneke qui veut), il finit par étouffer les qualités dont il semblait doté.

Mais surtout, l'irruption de l'horreur réelle dans le dernier tiers du film est terriblement maladroite, témoignant de la volonté du cinéaste d'emmener le film sur un autre terrain, celui du moralisme tapageur (n'est vraiment pas Haneke qui veut), afin probablement de choquer les spectateurs qui n'auraient pas encore démissionné. Dommage, ils représentent probablement une minorité...

Source: 

Guillaume de la Chapelle

Portrait de Guillaume de la Chapelle

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