Cadre, relations humaines et activités variées : À l’internat d’Angers, la douceur angevine domine

Comme l’année écoulée, l’internat d’Angers est classé 13e. Une stabilité que le CHU doit aux opportunités données aux internes, à la beauté de la ville,  et à sa petite taille qui favorise les relations humaines. Le Pr Cédric Annweiler, Directeur du Département Médecine de la Faculté Santé d’Angers, et Thomas Douillard, représentant des internes, présentent l’internat sauce angevine.

What’s up Doc : Cette année, vous êtes 13e. Une réaction au classement ?

Cédric Annweiler : Nous sommes stables. Au niveau des facultés de plus petite taille dans l’Ouest, nous sommes même les premiers. Mais ce qui m’importe surtout, c’est qu’on arrive à accompagner les étudiants vers les carrières dont ils rêvent. Lorsqu’on les interroge sur ce qu’ils pensent de la ville et la spé qu’ils ont choisies, l’immense majorité d’entre eux est satisfaite. Plus qu’une position dans le classement, c’est ça qui est vraiment le plus important.

Thomas Douillard : Je pense qu’on est à notre place. On est une ville de taille moyenne sympa à vivre, mais nous n’avons pas la mer, la montagne ou les avantages d’un gros centre. C’est logique qu’on ne soit pas dans les premiers. 13e, c’est honorable si l’on se rapporte à la taille de notre faculté.

WUD : Chirurgie plastique, reconstructrice et esthétique est la spécialité la plus prisée dans votre établissement. Pourquoi ?

CA : Comme dans beaucoup de facultés, c’est la chirurgie plastique, les maladies infectieuses et la dermatologie qui se disputent la première place. Je crois que c’est parce qu’il s’agit de disciplines transversales avec des hospitaliers universitaires très dynamiques à Angers.

TD : C’est l’une des premières spécialités, car il y a peu de postes ! C’est très attractif au niveau des débouchés. Pour tous ceux qui aiment faire de la chirurgie, ça fait partie des spécialités très prisées, peu importe la ville.

WUD : Dans le cadre de la mise en place de la réforme du 3e cycle, comment s’est passée l’arrivée des nouveaux internes ? 

CA : Il y a deux aspects principaux. Le premier est la création de nouvelles spécialités, comme la médecine d’urgence et la gériatrie. C’est une avancée très positive. À Angers, tous les postes ont été pourvus depuis leur création. Le deuxième, c’est la création du statut de Dr Junior. À mon sens, il s’agit d’une évolution très importante pour l’interne en fin de cursus qui a l’impression de tout connaître de son métier. C’est une demi-marche très intéressante avant l’assistanat. Cela, même si la question du big matching peut encore être simplifiée (rire).

TD : Je suis de la première promotion donc directement concerné. Je dois dire que même si tout n’est pas encore parfait, j’ai l’impression que les choses se mettent en place progressivement et les enseignants sont très impliqué à Angers pour continuer à fournir une formation de qualité à l’aune cette réforme.  Comme pour toutes réformes, il y a des adaptations à faire les premières années, mais les choses avancent dans le bon sens.

WUD : En quoi la pandémie a-t-elle affecté l’internat sur place ?

CA : Il faut distinguer la première vague des autres… À la première, nous avons découvert une maladie que nous ne connaissions pas. Il y a beaucoup d’internes qui se sont montrés volontaires pour aller sur les fronts. Ils ont quitté leurs lieux de stage pour prêter main forte ! Et puis, il y a eu les autres vagues. On a alors avant toute chose maintenu nos activités habituelles, et ça n'a pas perturbé plus que cela l’internat. L’un des changements majeurs par contre est l’organisation de la soutenance de thèse en hybride ou à distance. C’est un moment important dans la vie des jeunes médecins. Et à la demande des internes, je ne crois pas qu’on reviendra en arrière.

TD : Je suis interne de médecine intensive et réanimation donc directement touché par cette pandémie. Lors de la première vague, j’ai participé à la gestion de l’internat et à la gestion des internes de réanimation au Mans. Tout le monde a été solidaire. Ça s’est très vite huilé, ce qui nous a permis de mieux supporter cette période difficile. Toutes les formations ont été mises en stand-by pendant un an. Nos examens ont été validés au titre de l’effort national Covid. À la place de réviser nos cours, on a passé notre temps auprès des malades. Et c’est peut-être ça, la meilleure façon d’apprendre. Si je n’ai pas eu d’écho spécifique à Angers, j’ai l’impression qu’on a par la suite trouvé un rythme de croisière avec cette nouvelle maladie. On a organisé la formation autour de la pandémie. Les choses se sont organisées afin que les gens puissent se reposer et se ressourcer et que la vie d’internat puisse reprendre.

Contrairement à l’internat dans de grandes villes, on a une activité très polyvalente.

WUD : Pour les futurs internes, l'heure du choix a sonné. Un message à leur passer ? 

CA : Venez à Angers ! La ville est à taille humaine, accueillante, magnifique. Cette année, elle est classée 3e des villes où il fait bon vivre ! L’hôpital a les mêmes qualités. Ici, tout le monde se connaît. L’internat est unique, car tous les médecins et internes se croisent et déjeunent ensemble. Il y a également une volonté de donner des responsabilités aux internes. En dépit d’un ratio enseignant/étudiant particulièrement bas, on compte également une multitude de projets pour les internes. Et puis, nous avons une organisation interrégionale intéressante avec le Groupement de coopération sanitaire HUGO [Hôpitaux Universitaires du Grand Ouest, Ndlr.]. Cela nous permet d’organiser des échanges d’internes entre les établissements, en plus des stages inter-CHU. Les internes peuvent ainsi tous faire au moins un stage à l’extérieur au cours de leur formation.

TD : Je viens d’ici, et je confirme que la ville est très agréable. Il n'y a pas mal d’offres culturelles et sportives… On ne s’ennuie pas ! À l’hôpital, les responsables des internes sont très disponibles, à l’écoute et l’internat est très dynamique. Contrairement à l’internat dans de grandes villes, on a également la possibilité d’avoir une activité très polyvalente dans nos services, ce qui offre peut-être un panel plus exhaustif de la pratique d’une spécialité pour chaque spécialiste ou généraliste.

Portrait de Julia Neuville

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