Ami anesthésiste, tu peux sauver le climat !

Vas-y mollo sur les gaz…

Un article publié récemment dans The Lancet montre que l’empreinte écologique des blocs opératoires est loin d’être négligeable. En cause, notamment, certains gaz utilisés en anesthésie, dont l’impact sur le réchauffement climatique est catastrophique. Heureusement, il n’est pas trop tard pour agir.

Parmi les plus grandes menaces qui pèsent sur le climat, on cite souvent les industriels de l’automobile, les partisans des centrales à charbon ou encore Donald Trump. Plus rarement les anesthésistes. Et pourtant, les gaz qu’ils utilisent peuvent être responsables d’une grande partie de l’impact climatique des blocs opératoires, qui sont eux-mêmes le secteur le plus polluant de l’hôpital. C’est en tout cas ce que montre une étude publiée récemment par Andrea MacNeill, Robert Lillywhite et Carl Brown dans le Lancet Planetary Health.

Ces trois médecins ont comparé l’empreinte carbone de trois gros hôpitaux sur deux continents : un établissement américain, un canadien et un anglais. Résultat : chaque opération rejette dans l’atmosphère entre 146 et 232 kilos d’équivalent CO2. Pour donner un élément de comparaison, un voyage Paris-Lyon tout seul dans une voiture moyenne émet moins de 90 kg de CO2 d’après l’éco-comparateur de l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe).

Parmi les facteurs expliquant ce chiffre, les auteurs de l’étude mettent en évidence un coupable principal : le desflurane, gaz anesthésique au potentiel de réchauffement global 2 500 fois plus élevé que celui du dioxyde de carbone et pouvant expliquer plus de la moitié de l’empreinte carbone de deux des trois établissements étudiés.

Mettre les gaz (ou pas)

« L’utilisation de ce gaz varie beaucoup en fonction des centres, et il y a des endroits en France où il est assez courant », commente le Dr Jean-Claude Pauchard, jeune anesthésiste au CHU de Bordeaux et membre du groupe « développement durable » de la Société française d’anesthésie-réanimation (Sfar). Celui-ci est justement en train de mener une Évaluation des pratiques professionnelles (EPP) pour sensibiliser ses collègues à l’impact climatique des gaz anesthésiques.

A ce titre, il fait le tour des services pour répandre la bonne parole et marteler son message : des alternatives cliniquement satisfaisantes au desflurane existent. « Ce qui est motivant, c’est que les gens sont plus en plus sensibilisés à cette question », se réjouit-il. Son espoir : « Que l’argument écologique entre dans l’arbre décisionnel du médecin. » Car s’il pense que sa spécialité a un temps d’avance sur les autres en matière de conscience environnementale, il ne se fait pas d’illusion : « A l’échelle de la société, les médecins ont 15 ans en retard ! »

Source: 

Adrien Renaud

Portrait de La rédaction

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