Virginie Efira ? Une vraie fille de…

« Tu seras médecin comme moi, mon enfant. » Nombreux sont ceux qui ont obéi à cette injonction, verbalisée ou subliminale. Mais il y a aussi eu des rejetons de praticiens pour se détourner de la voie familiale toute tracée… et rencontrer le succès. On reprend notre série avec… Virginie Efira à l’affiche de deux films en ce moment, Madeleine Collins et En attendant Bojangles.

«Qui aurait pu prévoir un parcours pareil ? Tout bon parent espère toujours que ses enfants vont réussir dans la vie. Et la première chose qui vient à l’esprit, du moins d’une personne qui a fait des études, et qui est dans ce parcours-là, c’est que l’enfant va suivre un petit peu, ses traces. » Ce jour d’avril 2017 sur BEL RTL, André Efira, est interviewé sur son activité d’hemato-oncologue au CHU Brugmann de Bruxelles. Mais bien sûr, on l’interroge aussi sur sa fille, Virginie Efira, ex-présentatrice télé désormais actrice reconnue.

S’il semble sous le choc de la réussite de son enfant, ses choix ne l’ont pas toujours ravi. A l’époque, il aurait bien sûr préféré qu’elle suive une voie plus classique, au point d’avoir refusé de la financer : « C’est vrai qu’au moment où il fallait choisir sa carrière professionnelle, elle n’était pas du tout attirée par des études, elle n’était pas du tout attirée non plus par d’autres débouchés que je considérais sérieux à l’époque, et ses perspectives de faire du cinéma de devenir vedette, me paraissaient un peu comme un fantasme. Donc je lui ai toujours dit que la maison était ouverte, pour manger, pour dormir, mais que je n’allais pas la soutenir dans cette activité. »

Une scolarité très surveillée…

Au divorce de ses parents, Virgine a 9 ans. Et elle décide de rester vivre auprès de son père dont elle est très proche, et pour qui les études ont toujours représenté quelque chose de prioritaire. "Il choisissait les meilleures écoles publiques, il surveillait deux heures par jour mes devoirs, il se montrait sévère mais toujours très à mon écoute" évoque-t-elle dans le JDD.

« C’était un père très présent mais il faisait souvent des gardes le soir tard. Et je ne sais pas pourquoi mais je demandais souvent si des gens étaient morts pendant la journée à l’hôpital. Ça paraît un peu bizarre mais cela fait partie des échanges que l’on avait. Je pense que cela démontrait que je m’intéressais à ce qu’il faisait y compris dans ses aspects un peu difficile » se souvient-elle dans Ciné Télé Revue.

Pourtant de la carrière de son père, professeur en hemato-oncologie, elle ne connaissait pas grand-chose, et de son engagement auprès des patients les plus défavorisés non plus : « En tapant mon nom sur Google, j’ai découvert qu’il avait reçu une distinction pour l’accueil qu’il réservait aux étrangers dans son hôpital. Il ne m’en avait jamais parlé. »

Des engagements très « médicaux »

Pourtant, la comédienne s’éloigne volontiers des studios et des tapis rouges pour offrir sa notoriété en soutien pour des causes médicales. Un atavisme, une hérédité et surtout un engagement familial, suite à un drame. A l’âge de 5 ans, Virginie perd sa tante, nommée Ariane, à la suite d’une leucémie aiguë. Après le décès de leur fille, les parents d’Ariane, et donc grands-parents de Virginie Efira, décident de transformer leur tristesse en action. Ils créent le Fonds Ariane, une action qui finance la recherche contre la leucémie. Aujourd’hui, ils organisent de nombreuses manifestations auxquelles Virginie apporte son soutien, en hommage à sa tante. « Depuis toute petite, je suis confrontée à la maladie et à ce qu’on en fait de valeureux. J’ai accompagné mes grands-parents dans diverses manifestations. J’ai gardé les souvenirs d’un drame, d’une disparition mais aussi d’une leçon : comment transformer la douleur en énergie pour qu’elle soit utile ».

C’est aussi auprès de la Fondation pour la Recherche Médicale que Virginie s’est investie. « Le moteur de mon père, hématologue, n'a jamais été l'argent, ni la réussite sociale. C'est peut-être pour ça que je me suis tournée vers la Fondation pour la recherche médicale [FRM] plutôt que vers une autre association, davantage tournée vers l'émotionnel. » Pendant 4 ans, elle est marraine de la fondation et se mobilise pour lever des fonds. « Elle consacrait beaucoup de temps à cet engagement. Nous en gardons un super souvenir ! » nous a déclaré la porte-parole de la fondation.

Une fille fascinée par l’œuvre de son père

Mais c’est seulement en 2017, alors qu’elle est choisie pour être marraine de Télévie, une émission de télévision belge de collecte de dons pour la recherche contre le cancer, que Virgine Efira s’est réellement intéressée à l’exercice médical de son père. Investie dans son rôle, elle est partie tourner un reportage dans son service au CHU. « Pour beaucoup, le CHU Brugmann, c’est juste un hôpital. Mais pour moi c’est le lieu de travail de mon père qui est hématologue et oncologue. Alors enfant son travail me fascinait, et j’ai décidé aujourd’hui d’y revenir pour découvrir l’équipe dont il m’a tant parlé et aussi pour mieux comprendre son rôle. » Elle échange avec des patients, met en lumière les infirmières, et ne cache pas son admiration pour ce papa docteur : « J'avoue que j'étais un peu intimidée. La notoriété ne se place pas à des endroits de visibilité, la gloire ne prouve rien. Ici, je suis la fille du docteur et j'en suis super-fière. Surtout qu'il a géré hyper-bien ces enregistrements, mon papa. »

Homme de l'ombre, le médecin avoue n'être à l'aise ni avec les micros ni avec les caméras. Il n'a accepté cette mise en lumière que dans un seul but : « Au début, j'ai refusé parce que je ne voulais pas mêler les plans privé et professionnel, mais nous avons besoin des dons pour la recherche, ils sont indispensables. Si ma présence peut contribuer ne serait-ce qu'à cela… Et puis, il y a aussi l'idée que cet événement serve à mettre en lumière mon équipe, ces personnes qui s'investissent à fond, et avec lesquelles je suis si fier de collaborer.»

Une admiration réciproque

Est-ce pour ses multiples engagements pour la recherche et le monde médical, ou tout simplement, la fierté d’un père qui voit sa fille s’épanouir, mais aujourd’hui le médecin ne cache pas qu’il trouve le métier de sa fille encore plus compliqué que le sien : « C’est parce qu’elle fait des choses que je me sens tout à fait incapable de faire. Et que je considère qu’il faut des qualités très très spécifiques pour faire ce qu’elle fait, et que ces qualités-là sont plus rares que les qualités nécessaires pour devenir médecin architecte ingénieur etc.»

Quant à Virginie Efira, elle garde de son enfance auprès d’un hospitalier un certain recul qui fait la différence. Un humour qui la caractérise et des pieds bien ancrés dans la réalité, que ni César, ni Palme, ni Ours, ni Oscar ne font vraiment rêver : « Je ne stresse jamais pour tout ce qui concerne les compétitions, au contraire ça m’amuse beaucoup quand il s’agit de métiers : mon père est médecin, et j’imagine une compétition de médecins, du genre ''et le meilleur dermato de l’année est… '' »

 

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Source: 

Sources : JDD – dh.net – Ciné Télé Revue – Télévie – BEL RTL - Fonds Ariane - Le Parisien

Portrait de Luc Angevert

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