Vaccination des professionnels de santé : une "exigence éthique" pour le CCNE et le Cnerer

La vaccination des professionnels de santé est au coeur de nombreux débats et notamment la question de son obligation. Dans un avis publié le 29 mars, le Comite consultatif national d'éthique (CCNE) et la Conférence nationale des espaces de réflexion éthique régionaux (Cnerer) ont estimé qu'elle relève de la "déontologie professionnelle" et répond à une "exigence éthique". 

Le CCNE et le Cnerer se sont penchés sur la question de la vaccination des professionnels de santé eu égard à des questions d'éthique. Cet avis du 29 mars souligne qu'il "est impératif de se donner pour objectif que les professionnels de santé et tout intervenant médico-social exerçant en établissement et à domicile soient rapidement vaccinés". 

Concernant les questions de liberté et d'éthique, les deux instances "rappellent qu’il s’agit d’un enjeu éthique et déontologique fondamental, et que si la liberté individuelle doit absolument être respectée, elle s’arrête à la mise en danger d’autrui : un principe éthique essentiel est de ne pas nuire à autrui. De ce fait, tout risque, ici de transmettre le virus dans un contexte professionnel notamment, qui peut être induit par un comportement individuel, nous amène à affirmer que la vaccination, au-delà de son impact personnel et collectif, relève de la déontologie professionnelle et répond à une exigence éthique", peut-on lire dans l'avis.

Selon les dernières données de Santé publique France, 51,9% des soignants auraient reçu leur première dose. Un taux jugé encore insuffisant mais qu'il s'agit de remettre en perspective. Car, il ne s'agit pas de taper sur les soignants non vaccinés. Les instances reconnaissent que d'autres facteurs sont à prendre en compte : 

  • La disponibilité des vaccins : "un effort doit être consenti pour que tous les personnels puissent avoir un accès encore plus facilité à la vaccination. On rappellera aussi que cette population n’était pas prioritaire dans les phases initiales du schéma vaccinal de la Haute Autorité de santé publié le 30 novembre 2020, puis élargi début 2021 aux professionnels des établissements de santé de plus de 50 ans ou présentant des comorbidités les exposant à une forme grave de Covid-19, puis à tous les professionnels de santé" ; 
  • L'incertitude concernant l'attribution des vaccins : "les vaccins à ARNm, les premiers disponibles, ont été administrés en priorité aux personnes âgées, ainsi qu’à des médecins. Le vaccin AstraZeneca, malgré sa très bonne efficacité sur le virus « historique » et le variant « britannique », a suscité une certaine réticence en raison de la fréquence d’effets secondaires bénins qu’il entraine au décours de la vaccination, source parfois de désorganisation des équipes". 

Cependant, l'obligation vaccinale "ne serait pas adaptée dans une situation de faible approvisionnement en doses de vaccins, ni  dans un contexte d'évolutivité et d'incertitudes engendrant des situations d'incohérence et des décisions parfois contradictoires pouvant provoquer de fortes réactions négatives". Les instances se positionnent en faveur d'une "démarche pédagogique et active au sein des équipes permettant d'appréhender objectivement les informations évolutives, voire contradictoires". Nous voilà donc bien avancés. 

Sondage WUD sur une obligation vaccinale pour les professionnels de santé

Interrogés à ce sujet sur nos réseaux sociaux, vous étiez majoritairement favorables à une obligation vaccinale :

  • Sur LinkedIn, 60 % d'entre vous étaient pour, 37% contre et 3% sans avis ; 
  • Sur Instagram, 68% ont répondu favorablement et 32% y étaient opposés. 

 

Source: 
Portrait de Constance Maria

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