Urgences : la prime canicule refroidie !

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La ministre de la Santé a refusé d’accorder une "prime canicule" au personnel des urgences, comme le demande le syndicat FO des services publics et de santé.

Urgences : la prime canicule refroidie !

Une "prime canicule" pour le personnel des urgences, à l’instar des dispositions prises après la canicule de 2003 (prime de 90 à 130 euros) serait « une juste reconnaissance des efforts consentis à nouveau par l’ensemble des personnels des établissements sanitaires et médico-sociaux ». Telle était la demande du syndicat FO des services publics et de santé, dans un courrier envoyé à Agnès Buzyn le 23 juillet.
 
Une demande refusée par la ministre de la Santé qui a botté en touche ce matin sur France Inter. « Les urgences aujourd’hui ne sont pas débordées en raison de la canicule, le nombre de passages aux urgences, lors du précédent épisode de canicule en juin, représentait à peu près 3 % des passages aux urgences, donc ce n’est pas le sujet. »

Dans son communiqué, FO expliquait que les conditions climatiques avaient contraint l’ensemble des agents de la fonction publique hospitalière à appliquer les protocoles, afin de prévenir les effets néfastes de cette canicule, comme en 2003… « Alors que leurs conditions de travail sont, au même moment, aggravées par la chaleur, ces mêmes personnels ont une augmentation importante de leur charge de travail. »
 
Et d’ajouter que « les conditions d’exercice déjà très difficiles et dégradées, en « temps normal », des agents des hôpitaux ou des structures médico-sociales, dont beaucoup par ailleurs sont en grève tout en assurant la continuité du service public ».

Enfin, de nombreux salariés peuvent être exposés à des situations extrêmes dans le cadre de leur travail durant les périodes de grande chaleur, a rappelé FO. L'Institut national de recherche et de sécurité (Inrs) et la Caisse nationale de l'assurance maladie des travailleurs salariés (Cnamts) indiquent d’ailleurs qu’au-delà de 33 C°, les risques sont importants pour les salariés et recommandent que le travail puisse être aménagé, voire cesser.

Prime 100 euros net

Agnès Buzyn a décidé de ne pas en tenir compte. Se contentant d’admettre sur France Inter que les urgences en 2003 avaient été « débordées par les personnes âgées parce qu’il n’y avait pas de plan canicule ». Une situation qui ne serait plus valable aujourd’hui, selon la ministre qui considère que « ces choses-là » sont désormais anticipées.
 
Avant d’annoncer, pour faire passer la pilule, que les urgentistes bénéficieraient dès juillet d’une prime 100 euros net par mois pour prendre en compte les risques et les incivilités auxquels ils sont soumis au quotidien.
 
On pourrait lui rétorquer gentiment que ce n’est pas le sujet…
 

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