Un petit Mooc pour se mettre à la simulation ?

La simulation en santé a un nouvel outil pédagogique dans son arsenal : le Mooc. Le quoi ? Bon, reprenons depuis le début : Massive online open course. Mais quel lien avec la simulation ? Vous allez comprendre.

En mai dernier s’est ouvert le premier Mooc francophone sur la simulation en santé, piloté par Alexandre Mignon et Antoine Tesnière d’iLumens, en collaboration avec les professeurs Vincent Grant, (Calgary, Canada) et Donald Combs, (Eastern Virginia, Etats-Unis), deux grands noms de la simu. De même, un Mooc intitulé « Introduction to simulation education in healthcare » a été lancé le 1er août par l’Université du Tennessee sur edX, une des plates-formes de Mooc les plus connues (aux côtés de Coursera et Khan Academy).

Un mouvement semble donc se dessiner. Il faut reconnaître que les Mooc explosent dans toutes les disciplines ces dernières années, alors pourquoi pas en simulation ?

Un… Mooc ?

Petit retour sur les Mooc pour ceux qui étaient enfouis sous leur thèse (de médecine ou de science, au choix) ces derniers mois. Dans leur format classique, ces cours en ligne combinent peu de textes, des vidéos courtes, des exercices type quizz ou plus rarement des rédactions, avec une validation sur ces tests et une attestation de réussite délivrée en ligne.

Leur grand avantage est de pouvoir être suivis de n’importe où et n’importe quand : un trou entre deux patients ? Vous allumez votre ordinateur et hop, un ou deux chapitres ! Certains y voient la possibilité pour tous de faire des études supérieures, mais leur qualité varie énormément, et leur efficacité pédagogique reste controversée.

Le futur de la formation médicale ?

La France est à la traîne sur ce sujet, mais aux États-Unis, des Mooc sont proposés par la plupart des grandes universités, dont certaines facs de médecine. En 2013, le Conseil américain d’éducation a validé pour la première fois un Mooc sur la résolution de cas cliniques pour l’attribution de crédits en formation médicale continue. Depuis, des articles scientifiques se sont penchés sur l’implémentation de Mooc dans la formation médicale initiale et continue : Mooc d’anatomie, Mooc sur la pédagogie des études de médecine pour la génération Y… Un article de 2013 paru dans le BMJ* titrait même : « Les Mooc sont-ils le futur de la formation médicale ? ».

Les conclusions de la plupart des études sur les Mooc soulignent leur intérêt dans certains contextes, mais dénoncent leurs limites : beaucoup d’inscrits mais peu de « finishers », nécessité d’un design pédagogique particulièrement étudié et d’un nombre suffisant de formateurs pour encadrer les étudiants...

Une première en France

Le Mooc d’iLumens, « Simulation en santé, des principes aux applications », diffusé sur la plate-forme FUN, comprenait six cours d’une heure. Sa visibilité a été importante : 3 640 inscrits, de 80 pays différents, dont (seulement ?) 57 % des apprenants en France. Le programme balayait de nombreux aspects de la simulation, de l’historique au rationnel, en passant par un témoignage de spécialiste en facteur humain dans l’aéronautique. Une formation complète, donc, pour convertir les plus sceptiques à la simulation.

Quelques ombres au tableau cependant : par manque d’encadrants, beaucoup de participants ont été frustrés de ne pas avoir de retour sur leurs devoirs, ni sur leurs commentaires, et les certificats de validation ont été remis avec plusieurs mois de retard… Mais au final, cette première n’en demeure pas moins une excellente initiative, tant sur son format que sur son sujet. À renouveler, donc…

 

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L'essentiel sur les Mooc

Ce sont des formations :

- en ligne,
- généralement gratuites,
- ouvertes au grand public ou à des spécialistes,
- sur tout et n’importe quoi,
- se déroulant sur plusieurs semaines en général,
- avec la mise en ligne progressive des chapitres.
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Portrait de Sarah Balfagon
article du WUD 29

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