Tourisme médical : à nous les petits Anglais !

Le NHS envoie ses patients dans le Pas-de-Calais

Le CH de Calais et l’institut Calot de Berck-sur-Mer ont signé un accord leur permettant de prendre en charge des patients britanniques, aux frais du NHS. Les Français se réjouissent, mais pas les soignants d’outre-Manche.

 

Alors que le Brexit est à la mode, il existe au moins un domaine dans lequel la Grande-Bretagne a des envies de vieux continent : la santé. Des patients du South Kent peuvent en en effet désormais venir se faire soigner, aux frais du NHS, dans deux hôpitaux du Pas-de-Calais.

C’est la concrétisation d’un accord en gestation depuis plusieurs mois, et dont What’s up Doc avait parlé en septembre dernier. Le CH de Calais et l’Institut Calot de Berck-sur-Mer (Fondation Hopale) avaient répondu à un appel d’offre du NHS, qui cherche désespérément des solutions à ses longues files d’attente en chirurgie programmée.

« On m’a dit qu’il n’y avait pas de place avant juillet »

Le premier patient pris en charge dans le cadre de ce contrat a subi une cholécystectomie vendredi au CH de Calais. « Le temps d’attente, bien sûr, a été la principale raison », a-t-il déclaré dans la presse anglaise pour expliquer son voyage. « On m’a dit qu’il n’y avait pas de place avant juillet, et j’ai donc décidé d’explorer d’autres options ».

Côté calaisien, on se réjouit de cette opportunité de développer l’activité de l’établissement. « D’ici trois ans, avec 400 patients par an, on espère facturer environ un million d’euros par an au NHS », a déclaré à l’APM Martin Trelcat, directeur du CH. Celui-ci relativise toutefois l’importance du contrat. « Un million de recettes en plus, c’est 0,75 % de produit supplémentaire, ce qui est quand même relativement modeste ».

« Le NHS n’a pas assez d’argent »

Mais de l’autre côté de la Manche, tout le monde ne partage pas l’enthousiasme du directeur calaisien. « Alors que le Premier Ministre promet de maintenir les services de santé, cela montre que le NHS n’a pas assez d’argent ou de capacités pour fournir l’ensemble des traitements nécessaires aux populations du Kent », déplore Christina McAnea, responsable du syndicat Unison pour la santé, dans les colonnes du Guardian.

Pour Martin Trelcat, en revanche, le tourisme médical n’est qu’un avatar de la mondialisation. « Il y a beaucoup de Français qui viennent travailler à Londres, pourquoi est-ce qu’il n’y aurait pas beaucoup d’Anglais qui viennent se faire soigner en France ? », demande le directeur du CH de Calais à l’APM.

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Adrien Renaud avec APMnews

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