© Midjourney x What's up Doc / AFP
« Moi, j'avoue que c'est un peu ce qui m'empêche de dormir, le financement de notre modèle social », a dit Stéphanie Rist dans l'émission Les Contrepoints de la Santé, diffusée sur YouTube.
Même si la loi de financement de la Sécurité sociale a permis de « maîtriser » le déficit pour 2026, pour le prochain budget, il faudra faire des économies « encore plus importantes » et « je ne sais pas me projeter dans le financement des cinq prochaines années », a-t-elle alerté.
Le financement reposant sur les cotisations des actifs, avec le vieillissement de la population et la baisse de la natalité, il n'y a « pas assez d’actifs » donc, « il faut savoir sur quoi » cela « reposera demain ». « Est-ce que c’est que des cotisations, est-ce qu'on fait un impôt, est-ce qu'il faut dépenser plus de PIB pour nos dépenses de santé ? », a-t-elle interrogé.
« Nous avons un vrai débat de société à avoir », et c'est un sujet « à la hauteur d’un débat présidentiel », a plaidé la ministre.
Favoriser l'exercice mixte
Concernant les hôpitaux et cliniques, étranglés par un déficit croissant, la ministre considère qu'il y a aujourd'hui « trop de malades dans des lits » hospitaliers alors qu'une partie pourrait être soignés en ville, faisant ainsi « baisser le coût des établissements ».
Stéphanie Rist suggère de permettre aux médecins un exercice « beaucoup plus mixte » entre ville et hôpital, et de « faire converger les modes de rémunération », entre ces modes d'exercice.
« Cela veut dire être payé » à la fois « sur l'activité » mais aussi en prenant en compte « les missions de service public », « la responsabilité de population » d'un territoire, ou encore « la formation », notamment des internes.
Aujourd'hui, la rémunération des médecins « n'est plus très juste » car « quand vous faites la même chose », au même âge, avec les mêmes malades et les mêmes outils, « selon l'endroit où vous travaillez, vous avez un écart de rémunération de dix points », a souligné Stéphanie Rist.
La ministre a encore appelé à « faire de vraies projections » sur « combien de médecins on veut dans 30 ans ». « Je pense que c’est nettement plus » qu'aujourd'hui, a-t-elle tranché.
Avec AFP