« L’exercice mixte est aujourd’hui très attractif pour les jeunes médecins »

Le gouvernement désire recruter 400 médecins généralistes dès 2019 dans les déserts médicaux. Parmi eux : 200 praticiens à exercice partagé entre l’hôpital et la ville. L’occasion de parler « exercice mixte » avec le Dr Yannick Schmitt, ex-président du Regroupement autonome des généralistes jeunes installés et remplaçants (ReAGJIR).
 

What’s up Doc : Quel regard portent les jeunes médecins sur l’exercice mixte ?

Yannick Schmitt : L’exercice mixte est aujourd’hui très attractif pour les jeunes médecins. En 2016, ReAGJIR avait mené l’étude Remplact qui portait sur l’activité des généralistes remplaçants. L’enquête montrait que plus d’un tiers des remplaçants avaient à la fois une activité en libéral et une activité en salarié. C’est assez surprenant car, quand on est remplaçant, on a plutôt intérêt à être disponible pour faire des remplacements sur des semaines entières. Cela semble donc peu compatible avec l’exercice mixte, où l’on doit accepter de bloquer son agenda à date régulière pour, par exemple, assurer des vacations. Mais, malgré cet inconvénient, plus d’un tiers des jeunes médecins remplaçants étaient en exercice mixte. Donc c’est assez significatif de l’attractivité de ce mode d’exercice.
 

WUD. Pour quelles raisons ce mode d’exercice intéresse autant les jeunes ?

YS. L’exercice mixte est un mode qui permet une diversification de son activité. Cela permet d’expérimenter d’autres conditions de travail en dehors de l’activité libérale, de travailler en équipe ou, par exemple, de faire du pluriprofessionnel. L’exercice mixte offre aussi la possibilité d’exercer une spécialisation ou l’équivalent d’une technique un peu particulière. Les thématiques d’intervention peuvent différer de la médecine générale, qu’il s’agisse de faire de la pédiatrie dans un centre de protection maternelle et infantile (PMI) ou de la gynécologie dans un centre de planning familial. Il y a beaucoup de structures qui recherchent des « temps » de médecins généralistes, donc il y a une grande diversité de possibilités pour les médecins.
 

WUD. Est-ce que l’exercice mixte offre des avantages en termes d’aménagement des horaires et du temps de travail ?

YS. Oui, le fait d’être salarié permet de prendre en charge correctement ces personnes qui ont besoin d’une prise en charge complexe, alors qu’on ne pourrait pas le faire au cabinet. On pourra par exemple faire des consultations d’une durée d’une demi-heure ou de trois quarts d’heure.
 

WUD. Est-ce que l’exercice mixte permet de limiter le risque économique ?

YS. Oui et non. Cela permet en effet d’assurer un salaire qui tombe tous les mois. Mais, pour que cela soit viable économiquement, les charges du cabinet ne doivent pas être trop importantes sur le mi-temps libéral. L’activité salariale est du temps qui n’est pas travaillé en cabinet, donc ce sont des charges qui continuent à courir en cabinet et qu’il faut payer à la fin du mois. Or, le plus souvent, on finit par payer les mêmes charges en cabinet, que l’on y travaille trois ou cinq jours par semaine. Le critère financier n’est donc pas le critère prédominant quand on choisit de faire de l’exercice mixte car, en général, on gagne légèrement moins que si l’on exerçait à 100 % en libéral. Si les médecins choisissent ce type d’exercice, c’est plutôt en raison de son mode d’organisation spécifique, mais aussi pour l’intérêt médical que cela peut représenter.
 
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Par WUD

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