Saint-Etienne : 120 h aux urgences… mais dans un lit et dans un box

Désormais, au CHU de Saint-Étienne, les patients aux urgences pourront bénéficier d'un box pour attendre patiemment sur un brancard que l'on vienne les prendre en charge.

L'affaire a fait grand bruit fin juillet. Un patient de 72 ans a passé 120 heures aux urgences avant de pouvoir être hospitalisé. Très rapidement, Agnès Buzyn a demandé une enquête à l’ARS. Dans un contexte de tension d’effectif aux urgences et de manque de places d’hospitalisation, le patient a – selon les premier éléments de l’enquête - bénéficié d’une « privatisation » de box au sein même des urgences et d’une installation dans un lit descendu des étages. En outre, il a été particulièrement surveillé par des infirmiers et des médecins. D’ailleurs, il ne semblerait pas avoir gardé de séquelles de son passage aux urgences. Bref, il ne s’agit de tout sauf d’un « patient-brancard » laissé au milieu d’un couloir sans soins, sort qui est hélas réservé à de plus en plus de patients.
 

UHCD Bis

Pourquoi ce patient n’a-t-il pu bénéficier immédiatement d’un lit ? À 72 ans, ce patient ne pouvait être admis en service de gériatrie du fait de son âge, trop jeune. D’ordinaire, ce type de patient est orienté vers des soins de suite et de rééducation (SSR) après une procédure qui peut prendre quelques jours (dossier Trajectoire), jours passés habituellement en hospitalisation.
L’élément déterminant dans le séjour prolongé du patient aux urgences vient de la fermeture des lits d’hospitalisation de courte durée des urgences (UHCD). Le 10 juillet, ces lits ont été fermés. Or c’est dans ce type de service que sont placés les patients tels que celui-ci, en attendant de trouver une place dans d’autres services. La fermeture des lits a permis de déplacer du personnel aux urgences et ainsi de pallier au manque d’effectif.
 

Vacances de postes

Pour éviter que les urgences ne se transforment à nouveau en UHCD Bis pendant l’été, des lits d’aval ont été ré-ouverts dans certaines unités et certains services qui devaient fermer en aout resteront ouverts. 
L’ARS Auvergne-Rhône-Alpes a versé la semaine dernière la somme de 300 000 euros pour permettre des renforts durant cette période de tension.  Parce qu’en dépit d’une activité presque constante, le CHU de Saint-Etienne connaît actuellement des vacances de postes aux urgences, que ce soit chez les médecins ou les infirmiers.
 

Portrait de Isabelle Catala

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