Robin Goncet, l’étudiant en médecine se fait une patientèle de saison

Avant de choisir sa spécialité, il s’en est fait une sur les réseaux sociaux : celle d’opérer des fruits sur Tik Tok pour vulgariser les techniques chirurgicales. Entretien avec Robin Goncet, étudiant en 6e année de médecine. 

Mercredi 13 octobre, 15h. Robin Goncet nous répond en chuchotant depuis la bibliothèque. Quelques pas et le voilà dehors, prêt à nous raconter son aventure fruitée. Cet étudiant en 6e année à Grenoble espère que son classement lui permettra d’intégrer une spé chirurgicale l’an prochain, avec une préference marquée pour l'ortho et la gynéco.

Mais à 24 ans, Robin Goncet est également connu pour un autre talent. Celui d’opérer des fruits sur Tik Tok. « J’ai fait un stage de chirurgie de la main avant le premier confinement. C’est un stage où l’étudiant est très impliqué, j’ai eu la chance de beaucoup travailler. Pendant le confinement, ça me manquait, je me suis mis à suturer des fruits. En parallèle j’ai installé l’application à ce moment. Et un jour, j’ai mis des yeux sur les fruits, je les ai personnifiés. Au début, c’était vraiment un délire, mais petit à petit, c’est devenu quelque chose de pédagogique », se souvient Robin Goncet qui compte désormais presque 280 000 abonnés sur son compte Tik Tok.

 

© Robin Goncet

Au départ, c’est l’amour des sciences qui a poussé Robin Goncet à intégrer la fac de médecine. « J’aimais beaucoup la physique, la chimie. Mais je n’aimais pas la médecine ou le corps humain. Pour cela, il a fallu attendre mon stage de 3e dans un labo de biologie, j’ai trouvé fantastique le travail de réflexion derrière une prise de sang », précise-t-il.

L’envie de devenir chirurgien lui vient quant à elle de la relation directe au soin que permet cette spécialité. « C’est le fait de soigner directement avec ses mains et d’avoir un résultat à très court terme, de savoir si on a réussi, ainsi que le côté manuel qui me plaisent ».

En attendant de savoir si son souhait sera exaucé, c’est donc sur les fruits qu’il balade son scalpel. Et son projet attire l’attention. « Du côté du grand public, j’ai beaucoup de retours positifs. Les gens trouvent que c’est une bonne manière de comprendre les opérations qu’ils ont vécu ou vont vivre », ajoute Robin Goncet. Et de la part de ses pairs : même enthousiasme, un retour qui comptait beaucoup pour lui. « Il y a des internes qui me proposent de me prêter du matériel pour faire des opérations plus élaborées. Le Pr Didier Riethmuller, gynécologue à Grenoble, a même montré une de mes vidéos lors d’un congrès pour illustrer le fait qu’on peut utiliser des vidéos simples pour vulgariser les interventions chirurgicales. »

Tourner une vidéo lui demande entre une et quatre heures, en fonction de l’opération illustrée. « Ca prend beaucoup de temps. Je fais ça pour m’amuser, pas pour les vues ou les abonnés. Et quand je n’ai pas le temps, je révise, ma priorité est d’être médecin et pas vidéaste », précise-t-il.

Et s’il devient chirurgien ? « J’aimerais continuer à réaliser mes vidéos avec plus d’instruments et transmettre de cette manière ».

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