R3C : La révolte des internes psychiatres à Paris

Touche pas à mon poste, version carabins !

Mercredi, les étudiants qui entrent en deuxième année d’internat devaient choisir leur stage pour le semestre d'hiver 2017-2018. Mais ils ont décidé de bouder la procédure. En cause : l’application de la réforme du troisième cycle qui privilégie les petits nouveaux.

« Nous nous révoltons contre le traitement qui nous est imposé. (…) Nous sommes convaincus qu'être farouchement concernés par la qualité de notre formation fera de nous de meilleurs médecins ». Dans un communiqué adressé - entre autres - à l’attention de l’Agence de Santé Régionale (ARS) francilienne, l’association locale des internes en psychiatrie d’île-de-France (PEPS) explique que l’attribution des choix de postes est « sujette à controverse. »

En cause selon eux, la réforme du troisième cycle des études du médecine qui concerne l’ensemble des internes, et pas seulement les promus des ECNi 2017. Son application a entrainé une allocation d’office aux nouveaux arrivants des « 94 postes fléchés, évalués comme étant étant les plus formateurs, en service universitaire, mais également en secteur et en pédopsychiatrie ».

« Avant, cela fonctionnait au mérite, à l’ancienneté »

Les internes parisiens estiment que les modalités d'attribution des stages ne leur ont pas « été transmises ni à temps, ni dans la transparence ». 94% d’entre eux ont voté lors d’une Assemblée générale pour reporter les choix de stages pour le semestre d’hiver qui arrive. « Cette écrasante majorité témoigne de notre cohésion et de notre détermination », estiment les participants au mouvement.

« Avant, cela fonctionnait au mérite, à l’ancienneté », regrette Olivier Le Pennetier, président de l’Inter-Syndicat National des Internes (ISNI) qui apporte son soutien au mouvement. Selon lui, « la mise en place des nouvelles maquettes a fait que cela ne marche plus ». Mais c’est la question du parcours d’études de l’interne qui se pose : « Quand est-ce qu’on va faire nos stages ? » L’obtention du diplôme d’études spécialisé (DES) requiert la validation de certains stages. Dans cette situation, « un interne pourrait passer deux fois dans le même service », faute de postes.

Une situation qui vient « compromettre » leur cursus

« Ces postes ont donc été retirés de notre liste de choix, sans compensation adéquate. Par conséquent, nous nous retrouvons avec une accessibilité plus limitée à ces mêmes stages, ce qui compromet notre cursus », ajoutent les jeunes psychiatres dans leur communiqué. Ces derniers ont « le sentiment de ne pas être traités avec équité et respect ». S’ils appuient « le bien fondé d'une réforme du 3ème cycle », ces carabins souhaitent tout de même « qu'elle soit appliquée sans que ce soit au détriment de (leur) formation. »

Parmi les revendication de la PEPS, le doublement pour trois ans de tous les stages qui ont été accrédités « phase socle » et la garantie d'accès aux stages validants de pédopsychiatrie. Les psys en devenir souhaitent également connaître à l'avance les unités réservées aux internes de première année au sein des stages accrédités et exigent, pour la prochaine fois, d'« être informés dans des délais acceptables et de manière transparente ». Voilà qui est dit.

« La même chose pourrait se passer dans d’autres villes »

Lors d’une réunion entre les syndicats d’internes et l’ARS notamment, la Conférence des doyens a proposé, selon un compte-rendu publié par la PEPS, la réalisation d’un travail par une délégation d’étudiants « exposant des solutions chiffrées et réalistes sur l’ouverture de postes ». La PEPS indiquait jeudi soir que ce travail avait déjà commencé, en lien avec la coordinatrice du DES de psychiatrie.

Pour Olivier Le Pennetier, l’histoire ne fait que commencer. « Les internes parisiens étaient les premiers à choisir parce qu’ils sont les plus nombreux, mais on a des remontées du terrain, la même chose pourrait se passer dans d’autres villes ». Et d’ajouter : « Et également dans d’autres spécialités ! » Les ARS, organisatrices de la procédure de choix, apprécieront…

Source: 

Thomas Moysan

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