Pour Édouard Philippe, pas de déconfinement s’il y a plus de 3000 nouveaux cas par jour

La stratégie de déconfinement a enfin été présentée ce 28 avril par Edouard Philippe à l'Assemblée nationale. 

Le Premier ministre Édouard Philippe a présenté ce mardi 28 avril sa stratégie nationale de déconfinement et le moins que l’on puissse dire est qu’elle sera extrêmement progressive, si tout du moins elle a lieu. Car rien n’est moins sûr. En effet, la condition sine qua none du déconfinement est fonction du nombre de nouveaux cas détectés chaque jour. « Si le 7 mai, nous ne sommes pas dans la fourchette des 3000 nouveaux cas détectés chaque jour, alors il n’y aura pas de déconfinement », a menacé le premier ministre. Et d’ajouter : « Le directeur général de la santé m’a fait remonter hier des modélisations moins favorables, peut-être dus à un certain relachement », a ajouté le premier ministre. Au préalable, Édouard Philippe avait fait un premier bilan du confinement en termes sanitaires : « 62 000 décès ont été évités, et 105 000 lits de réanimations aurait manqué s’il n’y avait pas eu de confinement ».

Brigades de dépistage

Il va de soi qu’un déconfinement raté ferait perdre le bénéfice de cette première période de déconfinement. Aussi pour réussir le déconfinement, plusieurs étapes seront mise en place. Une première étape s’étalera entre le 11 mai et le 2 juin, puis une deuxième étape entre le 2 juin et début juillet. Durant cette première période, par exemple, les cafés et les restaurants resteront fermés. Un dépistage massif sera mis en place et des brigades départementales auront pour tâche d’isoler les cas Covid+, et de dépister les cas contacts. Les personnes Covid+ devront s’isoler durant une quatorzaine, soit en famille (et toute la famille devra être isolée), soit dans des hôtels réquisitionnés. A noter que, eu égard aux difficultés techniques inherentes à la mise en place de l’application de traçage Stopcovid, Edouard Philippe a souhaité organisé un deuxième débat et un deuxième vote à l’Assemblée nationale sur cette question particulière. 

Départements verts et rouges

Entre le 11 mai et le 2 juin, la circulation dans les départements sera différenciée en fonction de trois critères : capacité hospitalière régionale tendue, système de tests pas assez prêts, taux de nouveaux cas élevés. Selon ces trois critères, le 7 mai, le directeur général de la santé va révéler les départements dans lesquels la circulation restera contrainte (rouges) et celle dans lesquelles elle sera plus libre (verts). Tous les jeudis le directeur général de la santé pourra réévaluer la situation de chaque département. 

Plus d'attestation de sortie

En matière scolaire, école élémentaire et crèche ouvriront le 11 mai, les collèges le 18 mai et les lycées début juin. Si le port du masque est prohibé en maternelle, il est obligatoire au collège. Dans les entreprises, le télétravail restera de mise pour les trois prochaines semaines et les travailleurs qui ne pourront télétravailler devront respecter des horaires décalés. Dans les transports 70% de l’offre RATP sera proposée dès le 11 mai, mais les transports inter-départementaux et inter-régionaux seront réservés aux cas familiaux impérieux. Dans les transports en commun, le port du masque sera obliatoire et Édouard Philippe a suggéré qu’un siège sur deux soit occupé dans les transports en commun. « Alors de manière pratique qu’est-ce qui changera vraiment à partir du 11 mai et pour les trois prochaines semaines ? » a. voulu conclure le Premier ministre. Les attestations de sortie ne seront plus nécessaires, les médiathèques et les parcs pourront réouvrir sous certaines conditions, tout comme les commerces à l’exception des cafés/restaurants. Le sport en plein air au-delà d'une heure sera de nouveau autorisé, mais les plages seront fermées jusqu'au 1er juin. Les grands musées, les cinémas, salles de concert, salles des fêtes seront fermées jusqu'ai 2 juin. Les grands rassemblements de plus de 5000 personnes ne pourront pas être autorisés avant septembre. Le lieux de culte resteront ouverts, mais les rassemblements y seront prohibés. 

Portrait de La rédaction

Vous aimerez aussi

Une stratégie qui a des parfums de programmes antérieurs...
Le changement climatique et les épidémies
Quels sont l’impact et l’efficacité des pétitions lancées dans le monde de la santé ? Pour ce deuxième épisode de cette nouvelle rubrique du magazine...

Le gros dossier

 

Le magazine What’s Up Doc est édité par l’agence Planète Med.