Pollution de l’eau : L’agriculture, pointée du doigt

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98 % des consommateurs auraient accès à une eau conforme en France - soit deux points de plus qu’en 2017. Le problème ? Selon UFC Que-Choisir, les pollutions, causées principalement par l’activité agricole, seraient toujours très présentes dans les zones rurales et montagneuses.

Pollution de l’eau : L’agriculture, pointée du doigt

Une amélioration de la qualité de l’eau en France, mais pas pour tout le monde ? C’est en tout cas ce qui semble ressortir de la dernière enquête menée par UFC-Que Choisir. En se basant sur les données recensées pour les ARS , l’association de consommateurs, en partenariat avec Générations futures, a réalisé une carte interactive sur la qualité de l’eau en France.

Une amélioration globale

Un travail de titan qui permet de diagnostiquer une amélioration de la qualité de l’eau dans l’Hexagone. « 98 % des consommateurs ont accès à une eau conforme à la totalité des critères sanitaires, soit une progression de plus de deux points par rapport à la précédente étude de 2017 », note UFC-Que Choisir. Une progression induite par trois facteurs selon l’association. « Dans des grandes villes, des réseaux contaminés ont été fermés, la loi NOTRe a incité à des groupements de compétences au niveau des intercommunalités dans l’objectif de mettre des moyens financiers au pot commun, et il y a eu des améliorations techniques », liste, pour l’AFP, celui qui a piloté l’enquête, Olivier Andrault.

Les pollutions agricoles, toujours présentes

Le problème ? Tout le monde ne serait pas logé à la même enseigne. « Près d’un million de consommateurs, essentiellement en zones rurales, reçoivent toujours une eau non conforme. Les pollutions agricoles constituent toujours les premières causes de contaminations : 450 000 consommateurs boivent ainsi une eau dépassant les normes maximales en pesticides et 148 000 une eau contaminée par les nitrates », indique UFC- Que choisir. Et de préciser, dans son étude : « Quant aux contaminations bactériennes, elles ne touchent plus désormais que 80 000 consommateurs essentiellement en zones de montagne et en zones rurales de l’Est ».

Des inquiétudes

Ces résultats en poche, une nouvelle crainte a pointé le bout de son nez. Selon l’association et Générations futures, les disparités constatées dans les recherches de pesticides dans l’eau potable pourraient représenter un véritable problème. « 750 molécules de pesticides ou de dérivés peuvent être rencontrées dans la nature, en moyenne on n’en recherche en France que 206 », explique Olivier Andrault. Et d’ajouter : « Dans certains territoires comme l’Aisne, qui est pourtant un département agricole avec des grandes cultures intensives très utilisatrices de pesticides, on peut descendre à douze ». Selon l’UFC-Que Choisir, le spectre des analyses serait d’ailleurs « clairement insuffisant » dans près de vingt départements.

Un point d’inquiétude qui s’accompagne d’un autre puisque UFC- Que Choisir pointe également du doigt la présence de pesticides soupçonnés d’être des perturbateurs endocriniens. « [L’étude] révèle ainsi la présence de pesticides soupçonnés d’être des perturbateurs endocriniens dans 28 % en moyenne des analyses considérées comme conformes à la réglementation », détaille le collectif. Une prolifération inquiétante, puisque ces derniers « peuvent avoir de graves conséquences sur la santé à très faibles doses », rappelle l’étude. « Si on s’en tient aux normes actuelles, certes très basses au niveau de l’eau, et si on n’applique pas le principe de précaution au niveau des pesticides suspectés d’être des perturbateurs endocriniens, on soumet la population à un risque », indique Olivier Andrault.

Le principe de précaution

Une conviction qui pousse l’association et Générations futures à réclamer « une interdiction des pesticides suspectés d’être des perturbateurs endocriniens » au nom du principe de précaution. Une prescription à laquelle s’ajoute la nécessité « d’intensifier les recherches de pesticides en lien avec les niveaux de risques et les types de cultures environnantes ». « Les gouvernements français ne veulent pas contraindre les agriculteurs à respecter la réglementation environnementale. Nous en payons les conséquences », dénonce Olivier Andrault.

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