Paces : débouché pour un étudiant sur trois

Le ministère de l’Enseignement supérieur a publié ses statistiques sur les études de santé. Après deux ans, 33,5 % des étudiants inscrits en Paces réussissent le concours pour passer dans l’une des quatre filières proposées. 

Nous vivons sans doute l’une des dernières années de la Paces telle que nous la connaissons et la chérissons (ou pas). À quelques instants des annonces concernant la réforme de cette première année commune aux études de santé, revenons sur sa sélectivité qui vous a mis dans le mal pendant un, deux, voire trois ans. 

Le ministère de l’Enseignement supérieur, via sa sous-direction des systèmes d'information et des études statistiques (SIES), a publié le 13 novembre dernier ses derniers chiffres des inscriptions et des passages en deuxième année de médecine, d’odontologie, de pharmacie et de maïeutique. Pour la promotion de primants 2015-2016, seuls 33,5 % sont parvenus à passer en deuxième année. Et 12 % ont énervé tout le monde en validant leur Paces du premier coup.

20,2 % de réussite en médecine

En regardant dans le détail, 8,7 % des primants qui passent décrochent médecine, les autres prenant pharmacie (1,8 %), odontologie (0,9 %) ou maïeutique (0,6 %). Pour les autres, les sorts sont variés. Si un peu plus de la moitié des collés retentent leur chance, environ un quart vont voir si l’herbe est plus verte dans une autre filière universitaire, et le dernier quart disparaît dans la nature hors-université.

Qu’advient-il des doublants ? Un peu moins de la moitié (47,5 %) accède finalement à une deuxième année, dont 53,5 % en médecine. Pour l’autre moitié, quelques dérogations permettent une troisième tentative (seulement 3,4 % des recalés). Pour les autres, le sort est sensiblement le même qu’après une première année : une moitié d’entre eux va voir ailleurs, et l’autre disparaît du cercle universitaire.

En résumé : pour 1000 inscrits en 2015-2016, 87 sont passés en médecine du premier coup, 115 après la deuxième tentative, et 8 de plus auront une troisième chance !

Bac S, mention « Très bien »

Le rapport précise également qui sont ces étudiants. Pour 2017, les primo-inscrits sont 57 800, et majoritairement des femmes (68 %), titulaires d’un bac S (89,3 %). Et ceux qui passent ? Les grosses têtes scientifiques ! « Plus des trois-quarts des étudiants ayant eu mention "Très Bien" au bac [S] passent en deuxième année, dont près de la moitié sans redoubler (43,7 %) », peut-on lire dans le communiqué. Les mentions « Assez bien », à l’inverse, ne sont que 3,7 % à passer du premier coup. 

Pas de défaitisme pour les autres filières : un quart des mentions « Très bien » des étudiants qui en sont issus finissent par passer en deuxième année. En revanche, sans mention, c’est bien moins évident : 0,2 % seulement y parviennent, contre 7,2 % pour les bacheliers S…

Moralité : pour réussir sa Paces, mieux vaut avoir une mention « Très bien » qu’un bac S. En fait, mieux vaut avoir les deux. Enfin peut-être. Mais ça, c’était avant. Enfin, on verra.

Portrait de Jonathan Herchkovitch

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