Ouverture des écoles, effectifs soignants : les médecins critiques sur le confinement 2

Le président de la République Emmanuel Macron a confirmé ce que d'aucuns pressentaient : un nouveau confinement national est décrété du 30 octobre au 1er décembre. Les premiers soignants à s'exprimer sur les réseaux sociaux sont critiques quant au maintien de l'ouverture des établissements scolaires, et au nombre des effectifs médicaux et paramédicaux. 

Malgré les dénégations de l’exécutif il y a encore deux semaines qui juraient la main sur le cœur que le reconfinement était une solution totalement exclue, le président de la République Emmauel Macron a décrété de nouveau, « a minima », un confinement national, du 30 octobre au 1er décembre. Constatant que la stratégie adoptée cet été, qui consistait à « vivre avec le virus », en adoptant des gestes barrières, en portant systématiquement le masque, en testant massivement, en isolant les malades, et en les traitant, n’a pas marché, Emmanuel Macron a donc décidé de nouveau de confiner la France.
Un confinement quasi identique au premier confinement du 14 mars au 11 mai, à deux grandes exceptions près : les établissements scolaires, hormis l’enseignement supérieur, et une grande partie des entreprises, resteraient ouverts. Mais les commerces, les lieux de restauration, les bars, les lieux culturels seraient fermés. Comme au printemps, en revanche, les services publics continueraient à accueillir le public. Pour prendre cette décision, Emmanuel Macron a passé en revue toutes les autres solutions qui se présentaient à lui.

Autres hypothèses

Ne rien faire, comme les Suédois ? Alors la France aurait enregistré 400 000 morts de plus, a assuré le président. Confiner uniquement les personnes fragiles et les personnes âgées ? Au-delà des questions éthiques, le président a constaté que le virus circulait dans toutes les couches de la population et touchait toutes les générations. Tout miser sur le "tester alerter protéger" ? « C’est un système efficace avec quelques milliers de contaminations par jour, pas avec des centaines de milliers de personnes », a martelé le président de la République. Augmenter les capacités hospitalières pour accueillir plus de malades ? « Ce n’est pas une bonne réponse. D’ailleurs nous avons formé près de 7000 infirmiers et médecins pour travailler en réanimation, plus de 10 000 lits ont été ouverts, c’est un effort colossal qui a été fait mais il n'est pas satisfaisant : il faut 5 ans pour former un infirmier 10 ans pour un anesthésiste. Qui plus est, nous ne pouvons pas non plus accepter de voir arriver en réanimation des cas graves », a analysé le président.
Ne restait plus, in fine, que le confinement pour un mois, avec néanmoins la possibilité de réouvrir certains commerces non nécessaires dans 15 jours, si les indicateurs s’amélioraient. L’objectif étant de passer de 40 000 infections par jour à 5000. Mais comment donc ces mesures ont-elles été accueillies par les soignants ? Sur les réseaux sociaux, nombreux étaient les médecins à douter de la stratégie employée. Un point revenait avec insistance : l’ouverture des établissements scolaires. Le Dr Marty, président de l’UFML syndicat, était le premier à dégainer sur les réseaux sociaux : « il est un fait : les écoles, et fac et universités sont des zones d'accéleration de l'épidémie ... rien de plus sur les enfant du primaire et jusqu'a 11 ans (miracle de l'enfant Français) ».

De la meme manière le Dr Nathan Peiffer-Smadja notait que la transmission du virus ne concerne pas seulement les familles : « - Transmission principalement ds familles : non probablement pas » .

D’autres affirmations d’Emmanuel Macron ont laissé pantois les médecins, comme la multiplication des médecins et des infirmiers anesthésistes-réanimateurs entre deux crises épidémiques. Le Dr Marty ironisait : « il y aurait eu des milliers de soignants formés...Ou sont ils? Il y aurait du matériel, alors qu'on manque de gants, de sur blouses ....demain de masques? »

Le Dr Djilali Anane rappelait opportunément que le nombre de MIR(médecins intensivistes réanimateurs) formés cette année… était de 74. Il était d’ailleurs tout de suite repris par le syndicat des jeunes anesthésistes réanimateurs, qui affirmait pour sa part que les seuls MIR n’étaient pas les seuls à pratiquer la réanimation : 544 anesthésistes-réanimateurs sont formés cette année.

Quoi qu’il en soit, on est encore loin des 7000 infirmiers et médecins formés, annoncés par le président Macron. Quand ? Comment ?

Portrait de Jean-Bernard Gervais

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