Océan, Pyrénées et formation de pointe : les atouts de l'internat à Bordeaux

Sur le podium des CHU français, Bordeaux arrive en 4ème position avec une petite remontada de deux places. Le Pr Nicolas Grenier, Président de la CME du CHU de Bordeaux et Aloïs Reilhac, président de l'AIHB, Association des Internes des Hôpitaux de Bordeaux reviennent sur les atouts de la région et la formation. 

 

What's up Doc : Cette année, vous êtes quatrième, vous gagnez deux places. Une réaction au classement

Nicolas Grenier : On est contents et fiers. C’est extrêmement satisfaisant de savoir que l’on gagne en place et en attractivité, c’est une satisfaction pour l’ensemble des enseignements.

Aloïs Reilhac : Cela veut dire que concrètement plus d’internes veulent venir, qu’ils sont contents d’être dans notre internat.

WUD : Comment la pandémie a-t-elle affecté l’internat sur place ?

NG : Le principal effet, c’est que certains stages n’ont pas été suffisamment formateurs, la première vague a été marquée par un arrêt d’activité. Cela a été compliqué pour les chirurgiens, en termes de formation il y a eu des pertes de possibilité d’accès à la formation dans ces secteurs. Sur les secteurs de médecine interne, maladie infectieuse, réanimation, la perte d’attractivité a plutôt été due au fait qu’il n’y a pas que la Covid dans la vie des jeunes praticiens en formation, il faut apprendre autre chose.

AR : Et dans tout ce qui est vie extrahospitalière, on a moins pu se voir, se rencontrer, l’accueil des internes n’a pas pu être le même.

WUD : Dans le cadre de la mise en place de la réforme du 3e cycle, comment s’est passée l’arrivée des nouveaux internes ? 

NG : La réforme est déjà bien engagée la réforme. Les internes qui sont sous cette nouvelle mouture le sont depuis 4 ans. Pour les internes de la dernière promotion reçue, ils sont arrivés pendant la 3ème vague, ce n'était pas simple pour eux. Mais la maquette est bien engagée.

WUD : Un message à passer aux internes qui vont devoir choisir leur CHU cette année ?

AR : Déjà, je souhaite les féliciter d’être arrivés jusque-là, ce n’est pas facile, ils sont arrivés ici après 3 ans de travail acharné, ils ont fait preuve de beaucoup de résilience. Ensuite, je conseille de choisir Bordeaux les yeux fermés, ils ne le regretteront pas, ils seront très bien accueillis.

NG : Ce qui guide leur choix est à la fois la région et la ville mais aussi et surtout celui de la spécialité. Chacun fait son choix en fonction de sa spé et son projet professionnel. Il faut donc mettre en avant d’abord la qualité du CHU. Quelle que soit la région, lorsque l’on y passe 4 ans ou 6 ans, on en retire toujours du positif, donc mon conseil : le projet pro avant tout et ils y trouveront du plaisir ! 

AR : Et ce n’est pas le classement [aux ECN, ndlr] qui détermine si on est un bon médecin, tout reste à faire.

WUD : Quels sont les atouts du CHU de Bordeaux ?

NG : Bordeaux offre un environnement agréable et varié, mais surtout, une formation de grande qualité avec des spécialités très attractives. Le cadre de vie y est agréable. Il y a toute la partie intérieure, avec des campagnes magnifiques et tout le littoral jusqu’aux Pyrénées. C’est une grande ville mais tout à fait vivable. Pour les formations, on a beaucoup de spécialités attractives, des filières qui sont de très grande qualité comme par exemple l’obstétrique avec l’arrivée d’un nouveau PUPH mais aussi la filière neuroscience qui est très développée sur le plan clinique et de la recherche. Notre institut des maladies neurodégénératives est également très à la pointe. C’est cette offre de formation de qualité dans beaucoup de spécialités qui contribue à notre classement général.

AR : La formation est de grande qualité dans des filières d’excellence et le cadre de vie est exceptionnel. Il y a l’océan, les Pyrénées, on peut faire du surf, du ski, profiter des vignobles, il y a un important choix de restos et de bars. Formation, elle est riche, variée, d’une part parce que le CHU est suffisamment grand pour avoir de la diversité dans les spés et sous-spé. Mais on n’a pas non plus la taille critique d’autres CHU, ce qui fait que les médecins connaissent les internes, peuvent les encadrer. Il y a aussi un très gros travail amorcé avec nos partenaires à l’hôpital et l’Université pour que le temps de travail soit respecté. Les choses bougent malgré les problématiques. 

WUD : Médecine cardiovasculaire est la spécialité la plus prisée dans votre établissement. Quelle est sa force ?

NG : Cela a toujours été une spé très forte qui au niveau de certains CHU a son propre développement. A Bordeaux nous avons un bâtiment, avec une structuration par filière de sous-spé, avec en premier la filière rythmologie, aussi toute la cardiologie pédiatrique et la chirurgie cardiaque pédiatrique. Nous avons une plateforme de recherche clinique, des infrastructures de recherche à disposition des équipes assez développées.

AR : Le CHU dispose d’un très grand centre en cardio, des cours sont dispensés tous les matins dans toutes les spés par des PH surspécialisés, les stages sont centrés au CHU, cela permet d’être formé de manière complète.

 

 

Portrait de Constance Maria

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