MSF recrute pour une intervention d’urgence… dans les Ehpad français

La célèbre association humanitaire a lancé le 10 novembre dernier un appel aux professionnels médicaux et paramédicaux afin de venir en aide aux Ehpad frappés par l’épidémie de coronavirus.

Gilet blanc sur le dos, peau tannée par le soleil, talkie-walkie dans la main… Le cliché du médecin de MSF intervenant à l’autre bout du monde après une catastrophe naturelle est dans tous les esprits. Mais il va falloir se départir de cette image d’Épinal car aujourd’hui, avec le coronavirus, l’urgence humanitaire est (aussi) à l’intérieur de nos frontières. C’est ce qui a poussé les fameux « French doctors » à constituer au printemps des équipes mobiles intervenant en Ehpad. Une opération qu’ils renouvèlent face à la deuxième vague… et pour laquelle ils ont besoin de bras.
« Ce qui intéresse la médecine humanitaire, ce sont les populations discriminées, négligées, justifie le Dr Jean-Hervé Bradol, ancien président de MSF France qui participe à l’intervention. Or aujourd’hui, face au coronavirus, les résidents des Ehpads en font partie. » Concrètement, l’objectif est de former entre 5 et 10 équipes mobiles, chacune constituée d’un médecin, d’un infirmier et d’un psychologue. Ceux-ci doivent pouvoir dans un premier temps se déplacer dans les Ehpads d’Île-de-France identifiés par MSF comme étant en difficulté, avec l’idée d’élargir la zone d’intervention au besoin.

Renforcer les équipes en souffrance

Et si l’on en croit Jean-Hervé Bradol, les établissements en difficulté sont malheureusement nombreux. « Au printemps dernier, il y a des Ehpad qui n’ont pas vu un médecin pendant plusieurs jours », souligne-t-il. L’idée est donc de renforcer les équipes en souffrance. « On les aide à faire le point sur la situation, à prendre les mesures de contrôle infectieux, on transmet nos connaissances sur la maladie, et on voit les patients qui les inquiètent, détaille l’humanitaire. Dans certains cas, nous pourrions aussi être amenés à assurer un apport en oxygène aux patients rencontrant des difficultés respiratoires ».
MSF entend par ailleurs apporter un soutien psychologique aux équipes. « Les manifestations de psycho-traumatisme, d’anxiété, les flashbacks visuels et auditifs ainsi que les douleurs somatiques telles que la perte de poids ou les troubles du sommeil font partie des séquelles fréquemment rapportées par le personnel que nous rencontrons dans le cadre de nos actions », explique ainsi Marie Thomas, psychologue et responsable du volet santé mentale du programme MSF, citée dans un communiqué publié par l’organisation.
Concernant les profils médicaux recherchés, Jean-Hervé Bradol a sa petite idée. « J’ai trouvé que les jeunes médecins remplaçants, qu’on a vus travailler dans les Ehpad au printemps dernier, étaient particulièrement efficaces, glisse-t-il. Ils connaissent bien ces structures et ce type de patients, sont en forme, ont la pêche… » Mais d’autres profils peuvent également convenir à MSF. Intéressé ? Pour candidater, c’est par ici !
 

Portrait de Adrien Renaud

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