Mon suivi psy, l’application pour accompagner les rendez-vous

Une application gratuite, publique et anonyme pour faciliter le suivi de vos patients. Voilà ce que propose Mon Suivi Psy. Entretien avec le Dr Lya Pedron, psychiatre et porteuse du projet et Caroline De Kerhor, coach de startup d’Etat.

« Mon Suivi Psy est un service public numérique qui vise à améliorer le suivi des patients. L’application permet de recenser les symptômes quotidiens et également de les transférer à son psy. Il s’agit d’une application, gratuite, publique et anonyme, sans création de compte », explique Lya Pedron. Il s’agit d’une start-up d’Etat incubée à la fabrique du numérique du ministère des Solidarités et de la Santé.

© La Fabrique numérique des ministères sociaux

Faciliter la relation patient-psy

Comme souvent en matière d’innovation, l’application est née d’un besoin expérimenté sur le terrain, en l’occurrence en consultation. « On a remarqué que souvent les blocages en consultation, ne viennent pas tant du fait qu’ils ne veulent pas partager mais plutôt qu’ils n’arrivent pas à s’en souvenir. Il n’est pas toujours facile de se rappeler comment on a dormi il y a dix jours, les niveaux d’anxiété… Quand on a commencé le projet, tous les patients disaient leur frustration de sortir du cabinet et de se rendre compte qu’il y avait des choses qu’ils avaient oublié », rappelle Caroline De Kerhor.

« Pour moi par exemple, l’application me permet d’ouvrir le dialogue, et de mettre en lumière les choses dont je ne parlais pas avec mon patient, aider à choisir une approche, évaluer un traitement », renchérit Lya Pedron.

C’est également un moyen pour le patient de partager une histoire qu’il a du mal à raconter, en partageant ses notes mais également de pouvoir parler avec un recul suffisant dans le temps en ayant par exemple une visibilité sur plusieurs mois. Par exemple pour prendre conscience de l’efficacité d’un traitement.

Une évolution liée à la pratique

De la même manière, elle est vouée à évoluer au fil de son utilisation et des remontées des utilisateurs. « Quand on est dans l’application, quelques symptômes sont pré-remplis et on peut en ajouter autant qu’on veut. Initialement, il n’y en avait que 5 : sommeil, humeur, anxiété, idées parasites, sensations étranges. Mais il est remonté assez rapidement qu’il y avait besoin de davantage de symptômes en fonction de la spécialité. Maintenant nous avons ajouté des symptômes libres, une patiente a mis « acouphènes », par exemple », illustre Caroline De Kerhor.

Gagner du temps en consultation  

Un autre volet de l’application, répondre aux impératifs des professionnels de santé. « Cela va permettre d’accompagner sur le problème : comment faire pour évaluer mon patient en 15 minutes quand je dois l’interroger sur 10 symptômes ? C’est une réalité de terrain. Or Mon Suivi Psy permet de gagner du temps en consultation : on peut en un coup d’œil comparer les courbes d’évolution des différents symptômes, on crée un langage commun, on peut expliquer un trouble. Le recensement des symptômes est plus fiable et plus rapide », explique Lya Pedron.

Et pour le patient ? « Cela permet à la personne de comprendre ce qui lui arrive simplement et clairement et elle va ensuite accepter un traitement plus facilement ».

 © La Fabrique numérique des ministères sociaux

Mon Suivi Psy et le respect du RGPD

A l’heure du digital et des piratages en rafale, il est légitime de se poser la question du devenir de nos données dans une telle application. « Nous avons vu avec des juristes spécialisés. Les données ne sont que dans le téléphone. Quand on exporte ses données à son médecin, le mail reçu a toujours la même adresse, celle de Mon Suivi Psy. Cela a le désavantage de son inconvénient, on ne peut pas vraiment savoir qui l’envoie si on ne le fait pas en direct avec son patient. Si les patients préfèrent que leur mail apparaisse, ils peuvent s’auto envoyer les données et les transférer ensuite, c’est leur choix », explique Caroline De Kerhor. « Certains professionnels de santé préfèrent quant à eux s'installer à côté de leur patient et le parcourir ensemble», raconte Lya Pedron. Et si un jour on ne veut plus de l'application ? « Si une personne décide de supprimer son application, toutes ses données sont supprimées avec », conclut Caroline De Kerhor.

 

Portrait de Constance Maria

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