Menace terroriste : le CNOM prend la parole

Le secret professionnel est-il intouchable ?

Ce jeudi, le CNOM a décidé de réagir aux récents propos du ministre de l’Intérieur quant à son désir de collaborer avec les services psychiatriques et les psychiatres libéraux en matière de terrorisme. Pour l'Ordre, le secret professionnel est non négociable.

Les médecins ont-ils un rôle à jouer face à la menace terroriste ? Selon le ministre de l’Intérieur, la réponse est affirmative. Suite au tragique attentat du 17 août dernier à Barcelone, Gérard Collomb a fait savoir au micro de RTL qu’il envisageait une collaboration avec les services psychiatriques et les psychiatres libéraux afin de repérer les potentiels terroristes. Mais c’était sans compter sur l’Ordre des médecins qui a tenu à s’exprimer ce jeudi 24 août.

« L’Ordre des médecins rappelle la nécessité absolue de préserver les principes fondamentaux de l’exercice professionnel, en particulier celui du secret médical », affirme le Cnom dans son communiqué. « Le code de déontologie est très clair : la confidentialité entre le médecin et le patient est absolue. C’est un principe essentiel dans la relation de confiance qui lie les professionnels à leurs malades », poursuit-il.

Oui à la justice, non aux flics

Néanmoins, l’Ordre est loin d’être farouchement opposé à toute collaboration. « Dans certaines circonstances exceptionnelles, la loi permet aux médecins de passer outre le secret médical », explique-t-il. C’est le cas, par exemple, d’un médecin confronté à un patient (mineur ou majeur) en voie de radicalisation ou radicalisé. « C’est pourquoi l’Ordre préconise la pleine application des textes en vigueur, et en particulier ceux du code pénal qui s’adressent à tout citoyen plutôt que de créer de nouvelles dérogations au sujet desquelles on ne peut mesurer les possibles dérives ultérieures ». 

A cela, le Cnom ajoute que la coopération des médecins ne peut se faire qu’avec les autorités de justice et non les autorités policières comme souhaité par Gérard Collomb. Tout en précisant qu’en cas d’absence de dérogation au secret prévue par un texte de loi, « le médecin n’est pas autorisé à révéler aux autorités administratives ou judiciaires des informations sur ce qu’il a connu dans son exercice ».

Pour finir, le CNOM rappelle qu’il avait déjà pris des positions détaillées sur le sujet depuis plusieurs mois et regrette que les autorités ne s’en étaient pas émues outre mesure. Dans son rapport, on peut y lire, entre autres, que « la radicalisation ne doit pas être confondue avec le fondamentalisme religieux (islam rigoureux ou salafiste quiétiste) qui est une pratique qui adopte des postures cultuelles rigoureuses mais ne recourant pas à la violence ». 

 

 

 

 

Source: 

Im`ene Hamchiche

Portrait de La rédaction

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