Marseille : un programme pour mesurer l'impact du COVID-19 sur les sans-abris

Les Hôpitaux universitaires de Marseille (AP-HM), en partenariat avec Médecins du Monde et la coordination ASSAb (lire ci-dessous) ont lancé début juin COVIDep Homeless. Ce programme de recherche et d’innovation permettra d’analyser les conséquences de la COVID-19 sur les sans-abris, afin d’améliorer les stratégies de prise en charge.
 

La crise sanitaire a accentué les inégalités et particulièrement touché les populations vulnérables. Pour mesurer cet impact sur les personnes sans abri, les Hôpitaux universitaires de Marseille (AP-HM) en partenariat avec Médecins du Monde et la coordination ASSAb (projet de réseau en faveur de l’accès aux droits et aux soins des personnes sans abri à Marseille) ont lancé début juin COVIDep Homeless. Ce programme de recherche et d’innovation permettra d’analyser les conséquences de la COVID-19 sur cette population, afin d’améliorer les stratégies de prise en charge.

Les sans-abris sont exposées au risque de transmission de l’infection « par leur vie en habitats collectifs et parfois surpeuplés, une grande mobilité et de nombreux contacts auprès de la population générale et des travailleurs sociaux », précise le communiqué. Ces populations présentent également « de nombreux facteurs de comorbidités et un renoncement fréquent aux soins pouvant entraîner des formes graves de la maladie ».

2 000 personnes sans-abri suivis durant 3 mois

Financé par la Direction Générale de l’Offre de Soin (DGOS), ce projet ambitieux a été initié par Aurélie TINLAND, praticien hospitalier de l’AP-HM et mené à bien grâce à l’implication de 18 structures locales actives dans l’aide aux personnes sans-abri (1). Il étudiera des données à la fois qualitatives et quantitatives (morbi-mortalité, prévalence du COVID-19, parcours médico-social, mise en place des mesures barrières…) collectées auprès de l’ensemble des acteurs de première ligne concernés par la question du sans abrisme à Marseille.

Au total, 2 000 personnes sans-abri (vivant dans la rue, en hébergement d’urgence ou en habitat précaire : squats et bidonvilles) seront suivis pendant 3 mois. Une stratégie innovante de dépistage systématique par test sérologique rapide (TROD) et/ou de dépistage virologique rapide grâce au Point of Care mobile permettra de décrire le nombre et la dynamique des cas d’infections dans ces populations sur le terrain, et la description de possibles clusters.

Première publication de référence sur ce sujet

En parallèle de cette approche statistique, une démarche d’analyse qualitative sera menée par des sociologues afin d’évaluer les retombées psychologiques et sociales sur les équipes des structures partenaires et des populations précaires durant la période de crise et post-crise.

Enfin, le projet donnera lieu à la première publication de référence sur ce sujet. Ces résultats auront comme double objectif de mesurer les retombées de l’épidémie sur les personnes sans-abri, mais également de permettre aux pouvoirs publics d’adapter aux mieux les stratégies de soutien aux personnes les plus démunies et d’améliorer leur santé.

1 : Médecins du Monde, MARSS-APHM, PASS-APHM, Nouvelle Aube, Bus 31/32, ASUD, Accueil De Jour, ADDAP 13, AMPIL, Equipe Mobile d’Aide Saralogisol, RSMS, AAJT, St Jean de Dieu - Forbin, Groupe SOS (UHU, St Louis et Sleep in) et la coordination du réseau ASSAb.
 

Portrait de Julien Moschetti

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