L'hymne à la Moore

Ciné week-end: Still Alice, de W. Westmoreland & R. Glatzer (sortie le 18/03/2015)

Magnifique ode à la vie et au courage, Still Alice est un film typiquement anglo-saxon dans le sens où il exalte les ressources présentes en chacun de nous en se basant sur la libération émotionnelle plus que sur les allusions faisant appel à l'interprétation ou à la manipulation du spectateur. Ici, tout est clair, entier, porté par un monstre sacré qui irradie de son professionnalisme dès les premières séquences. Julianne Moore fait le job, elle porte sur ses épaules le drame réalisé par un modeste couple de réalisateurs dont l'un, victime de la maladie de Charcot, s'éteindra quelques jours seulement après la réception de son Oscar. 

Ce charisme propre aux grands acteurs sert une volonté de décrire cliniquement la maladie d'Alzheimer de façon encore plus terrifiante et poignante qu'elle ne l'est dans l'imaginaire collectif. Car plus que l'âge, c'est sa profession, son intelligence condamnée à la dégénérescence qui rendent son évolution peut-être plus frappante. Dès lors, voir le jeu maîtrisé de Julianne Moore basculer vers le lâcher-prise total - grâce à un scénario brillant et habile, dans une narration toute en ruptures - permet à cette maladie de notre temps de prendre une dimension métaphorique saisissante.

Le film n'est pas exempt de grosses ficelles, comme le moment où Alice échoue à réaliser son suicide programmé. Pourtant rien ne vient obscurcir sa luminosité intrinsèque, qui réussit à débusquer l'humanité d'Alice jusqu'au bout ("still Alice"), c'est-à-dire jusqu'au dernier mot qu'elle prononcera, échappant le temps d'une syllabe au chaos: "love". Un hymne à l'amour, oui...

Source: 

Guillaume de la Chapelle

Portrait de Guillaume de la Chapelle

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