L'hôpital, un baisodrome

Est-ce que seuls le contexte et les cirsonstances expliquent cette odeur de stupre qui se répand dans les couloirs de nos hôpitaux ? Pour répondre à cette question, la rédaction a lancé un appel à témoins. 

« J’ai connu de nombreux praticiens hospitaliers qui ont dû faire des heures supplémentaires dans les cliniques pour payer les multiples pensions alimentaires dont ils devaient s’acquitter, suite à leurs aventures intimes avec des infirmières, des internes, des collègues… Certains ont même dû quitter l’hôpital pour travailler à plein temps en clinique… », nous confie un praticien hospitalier maintenant retraité, et fin connaisseur des moeurs de ses anciens collègues. Qu’on se le dise : ce ne sont pas seulement les mauvaises conditions de travail de l’hôpital public qui provoquent un exode des médecins vers les cliniques, mais aussi la facture que leur laisse leur nombreuse progéniture ! 

Alors, les médecins mâles, tous priapiques ? « Il est vrai que ce genre de coucheries incontrôlées provient presque uniquement de la gent masculine. Mais j’ai aussi connu une chef de service qui avait acheté un cabriolet pour impressionner les jeunes internes et les mettre dans son lit », poursuit notre praticien hospitalier. Car en matière de sexe à l’hôpital, tout le monde se la donne, si l’on peut dire : hommes, femmes, hétéros, homos… « J’ai connu un urgentiste qui a abandonné femme et enfants pour refaire sa vie avec son collègue de service », continue de nous expliquer cet ex-anesthésiste réanimateur. Mais pourquoi donc une telle débauche ? « Nous passons notre temps ensemble pendant nos gardes, et parfois quand ça se passe bien, on couche ensemble. La forte promiscuité hospitalière, le fait que l’on partage ensemble des moments forts, facilite les rapports. »

DANS L’UNITÉ COVID

Mais au fait, où copuler quand on a un planning surchargé et que l’on travaille sous la coupe d’un chef de service qui ne vous lâche pas d’une semelle ? 
Nos médecins ont du talent ! Car suite à un appel à témoignages, nos lecteurs nous ont révélé que… Il vaut mieux frapper à la porte avant d’entrer dans certaines unités Covid… D’autres préfèrent la réa, agréable et silencieuse, s’il en est. Une poignée de jeunes médecins nous ont même contactés pour nous raconter dans les détails, des heures durant, leur partie de jambe en l’air entre deux gardes… 

SUR LE CAPOT DE MA VOITURE

Il en va ainsi de Marc*, interne en chirurgie orthopédique en Île-de-France. D’emblée, il précise : « Les chirurgiens orthopédiques ont la réputation d’être des coureurs de jupon, des fêtards qui enchaînent les conquêtes. » Au moins on est prévenu. Fidèle à la tradition orthopédique, Marc n’a pas tardé à faire subir les derniers outrages à une gentille infirmière qui passait par là, dans le service. « Je connaissais dans mon service une infirmière avec qui je rigolais bien, mais sans plus. Un jour je lui ai demandé la radio de contrôle de la personne que j’avais opérée. Inconsciemment je savais que je voulais discuter un peu avec elle, que j’avais envie d’elle. » Les vacances passent et le jeune interne en orthopédie la croise un jour dans les couloirs… du parking. Cette rencontre a été fatale : « À mon retour, on se croisait dans le parking de l’hôpital, on se disait bonjour mais sans plus. Et puis, un jour, on a couché ensemble dans ce parking contre ma voiture. C’est là que j’ai appris qu’elle était mariée et qu’elle avait deux enfants. »

L’aventure sexuelle se poursuit, toujours plus intense : « Après le parking nous avons fait l’amour dans la chambre de garde, on faisait du bruit, on réveillait les chefs de garde en réanimation, ou encore le soignant des urgences ».
Mais y a pas à dire : le parking reste chargé d’érotisme. Rien de mieux qu’une culbute sur une place handicapée pour prendre son pied : « Puis on a refait ça sur le parking, dans les toilettes, les chambres de patient inoccupées, parfois à côté de la morgue… On l’a aussi fait dans le bloc opératoire pendant une garde. Ça nous est arrivé une dizaine de fois, pendant un mois et demi… ». 

LE CHEF DE SERVICE… 

Mais avec qui copuler quand on a choisi le lieu du crime ? Un grand classique : le couple interne/chef de service. 

Pour Estelle, maintenant gynécologue dans l’Est de la France, son adultère, durant son internat, reste un très bon souvenir. « Quand j’étais en internat j’ai eu une relation avec mon chef de service de l’époque, lui était marié moi j’étais en concubinage. J’ai trouvé ça assez rigolo car on était dans le gros cliché, il était connu pour avoir des relations assez facilement. » Pas question pour autant de révéler sa relation à sa co-interne. Pas question non plus de passer pour la privilégiée dans le service : « Nous avons gardé notre relation secrète vis-à-vis des autres internes. C’est une personne avec qui j’ai gardé des contacts et j’ai un profond respect pour lui. Je n’ai pas été privilégiée, il m’a même fait travailler plus que les autres. Notre relation était très respectueuse, c’est quelqu’un de brillant. » Surtout, en pleine période #balancetonporc, Estelle tient à réhabiliter la tradition de la drague à l’hôpital : « Je voulais témoigner car on parle beaucoup de machisme et de harcèlement sexuel, pour ma part, je n’ai jamais connu ce genre de relations. Je n’ai jamais eu de pression, j’avais envie, il avait envie, voilà !! Je suis choquée car maintenant le moindre compliment est considéré comme du harcèlement. » 

L’INCONNUE DE L’ESCALIER… 

Pascal, 36 ans, est médecin généraliste en Île-de- France. Célibataire, il se rappelle avec nostalgie ses années d’internat. « J’étais en stage, de garde autour des 19 h 30. J’avais 25 ans. Je croise à l'hôpital une très belle fille, je lui dis bonjour. Elle me répond. Elle me dit qu'elle est en 3e année, je suis en 6e année. On commence à discuter, on se rapproche dans l'escalier. Je lui demande de me rejoindre… On a fait l'amour 15 minutes après avoir fait connaissance. » A-t-il connu le coup de foudre ? Son charme est-il imparable ? Pas vraiment : « C'est amusant car lorsque je raconte cette histoire à mes potes, ils me disent que cette fille est connue ; elle s'est tapée pas mal de mecs assez rapidement. » 

COMMENT ROMPRE ? 

S’il arrive que le coup d’un soir devienne une histoire d’amour, ce n’est pas toujours le cas. On peut frôler le drame : « J'étais en 8e année de médecine aux urgences en région parisienne, et je suis sorti avec une infirmière avec qui cela s'est très bien passé, poursuit Pascal. Mais j'ai voulu arrêter, car elle était bien plus amoureuse que moi. Compliqué, car c'était aussi ma collègue de service ! Du coup j'ai attendu la fin de mon stage pour me séparer d'elle. Quand j'ai mis fin à cette relation, je suis passé de l'interne le plus apprécié du service à celui le plus détesté. » 

Portrait de Jean-Bernard Gervais
article du WUD 50

Vous aimerez aussi

Un chercheur japonais se suicide suite à des accusations de fraude scientifique
Par WUD
Suite à la publication de notre interview de Christophe Prudhomme, nous avons reçu cette réponse de Martin Hirsch, directeur général de l’AP-HP, que...
Seuls quelques obsédés de l’empreinte environnementale des hôpitaux auront remarqué que le Ségur de la santé comporte une mesure 100 % écolo. Zoom...

Le gros dossier

 

Le magazine What’s Up Doc est édité par l’agence Planète Med.