Les réseaux sociaux pour les nuls

Petit manuel à l’usage du monde de la santé

Deux consultantes prodiguaient hier matin leurs conseils en matière de réseaux sociaux à un petit groupe d’invités du secteur de la santé. Pas ou peu de médecins dans l’assistance. La profession n’est pourtant pas vraiment en avance sur le sujet.

 

Ambiance « café et croissant » hier matin dans les bureaux parisiens de Meltwater, agence de com’ spécialisée dans la veille digitale. Les acteurs du monde de la santé étaient invités à un « business breakfast » sur les réseaux sociaux. Dans l’assistance, on trouvait des cadres de l’industrie pharmaceutique, des journalistes spécialisés, des lobbyistes… Mais on cherchait les médecins.

C’est dommage, car la matinée leur aurait permis de grappiller quelques conseils de survie en milieu numérique prodigués par les animatrices, toutes deux consultantes : Denise Silber, la fondatrice du congrès « Doctors 2.0 & You », et Florence Percie du Sert, une ancienne de chez Pfizer (entre autres labos).

« Cost of doing business »

« Souvent, on ne regarde pas qu’on perd à ne rien faire », expliquait Denise Silber. « Si vous n’avez pas de présence sur les réseaux sociaux, n’importe qui peut prétendre être vous ». La communication numérique fait partie de ce que la consultante appelle le « cost of doing business. » Avant, on ne pouvait pas travailler sans photocopieuse. Peu de médecins en ont conscience, mais demain, on ne pourra peut-être pas travailler sans Twitter.

Si la profession veut suivre les enseignements des deux consultantes, elle n’a plus qu’un choix : se lancer. Mais on ne devient pas influent sur les réseaux sociaux du jour au lendemain.

« Il faut d’abord ouvrir un compte et l’alimenter pendant quelque temps avec des messages positifs pour avoir un nombre suffisant de followers », précise Florence Percie du Sert. Ce n’est qu’ensuite que l’on pourra utiliser cet outil de manière utile, par exemple pour communiquer en situation de crise.

Erreurs communes

Les médecins qui auront accompli cette première étape veilleront à ne pas commettre quelques erreurs communes. Surtout, ne pas écrire des posts Facebook « en faisant des phrases que personne ne pourrait prononcer dans la vraie vie », prévient par exemple Denise Silber. Ou encore, ne pas se mettre dans une situation où il faut « faire valider chaque tweet un mois à l’avance », ajoute Florence Percie du Sert.

Les deux consultantes peuvent citer des myriades d’institutions du secteur de la santé qui continuent à communiquer sur les réseaux sociaux comme dans une brochure sur papier glacé.

D’abord, fixer la stratégie

Et sur quel média faut-il communiquer ? « On ne choisit pas l’outil, on fixe d’abord la stratégie », explique avec bon sens Denise Silber. Pour atteindre les influenceurs, mieux vaut utiliser Twitter. Les messages qui doivent toucher un maximum de personnes seront quant à eux mieux relayés sur Facebook. Une constante : la vidéo, qui prend de plus en plus de place sur tous les réseaux sociaux.

« De toute façon, le monde de la santé est très en retard en la matière », déplore Denise Silber. « Il est probable que tout le monde finira par être sur Facebook juste au moment où Facebook s’essoufflera ». A moins que les médecins ne réussissent à faire mentir cette prophétie ?

Source: 

Adrien Renaud

Portrait de La rédaction

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