J'informe. J'éclaire. On ne peut me reprocher de donner des conseils » aux personnes malades, se défend le prévenu âgé de 78 ans qui, témoignant à la barre, ne quitte pas sa parka vert foncé.
L'avocate de l'ordre des médecins, une des parties civiles au procès, Me Juliette Agueff, relève que « les conseils » de celui qui n'a pas le titre de docteur et n'a ni même le diplôme de « naturopathe » sont très « directifs ».
A chaque fois, rappelle l'avocate, Bernard Sainz demande à ses « patients » de ne pas parler à leur médecin traitant des soins « complémentaires » qu'il préconise et qu'il demande de suivre scrupuleusement.
« Ne dis pas (à ton médecin) que tu as arrêté le traitement qu'il t'avait prescrit », dit ainsi Bernard Sainz à une femme atteinte d'un cancer dans un échange téléphonique dévoilé au tribunal.
Bernard Sainz se défend. « C'est la personne qui choisit d'arrêter son traitement », dit-il avant de concéder : « pour suivre mes recommandations ».
A une personne souffrant d'un œdème pulmonaire, il préconise de ne plus boire, ni manger pendant deux jours en expliquant qu' « un œdème c'est essentiellement de l'eau ».
Au même patient, hospitalisé, il conseillera de « débrancher (sa) perfusion ». « Signe une décharge », explique-t-il au malade en dénonçant « le terrorisme médical ». « Tu dois comprendre le bien fondé de mes recommandations », insiste-t-il.
Le jeûne durant deux à trois jours est une de ses préconisations favorites y compris pour un homme atteint d'un cancer du pancréas.
« Je suis extrêmement compétent dans le domaine qui est le mien », affirme M. Sainz. Quand une question semble le déranger, il fait la sourde oreille et demande qu'on lui répète la question.
« Maintenez-vous le terme ‘patient’ pour parler des personnes à qui vous ‘donnez des conseils’ », l'interroge Me Agueff. M. Sainz fait répéter la question plusieurs fois. Contrairement à ses déclarations de lundi où il évoquait ses « patients », il préfère désormais les qualifier de « personnes qui présentent des troubles de santé ».
A la fin de l'audience, trois ex-‘patients’ de M. Sainz viennent vanter les « méthodes naturelles » du « Docteur Mabuse ».
Antoine, un jeune ostéopathe formé par Bernard Sainz, loue « la grande compétence » de son mentor.
Il raconte avoir soigné une jeune diabétique insulino-dépendante grâce à un jeûne de trois jours.
« Êtes-vous compétent pour le diabète », l'interroge le tribunal.
« Non », admet le jeune homme qui poursuit comme son maître: « Je donne juste des conseils ».
Avec AFP
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