Le Maroc, à son tour, fait appel aux médecins étrangers

C’est l’histoire d’un pays qui, confronté à de graves problèmes de démographie médicale, a choisi de faciliter l’installation sur son territoire de médecins étrangers. Ce scénario vous est familier ? Minute… car on ne parle pas ici de la France, mais… du Maroc.

 

Pour faire face à la pénurie de blouses blanches qui la menace, la France s’est résolue à assouplir, certes trop lentement aux yeux de beaucoup, les conditions d’installation des médecins étrangers sur son sol. Mais notre pays n’est pas le seul à vouloir s’appuyer sur des ressources humaines venues d’ailleurs pour subvenir aux besoins de santé de sa population : elle est même engagée dans une compétition européenne sur le sujet. Cette compétition européenne n’est d’ailleurs en réalité que l’un des aspects d’une réalité devenue mondiale. La preuve : bien plus au Sud, le Maroc a publié fin juillet une loi facilitant l’exercice des médecins formés hors de ses frontières.

Concrètement, le législateur marocain a souhaité lever nombre de freins administratifs qui empêchaient jusqu’ici l’implantation de médecins étrangers sur son sol. Comme l’expliquait fin juillet le très officiel quotidien Le Matin, la seule condition à leur autorisation d’exercice sera désormais l’inscription à l’Ordre des médecins, elle-même facilitée par la nouvelle loi. « La présentation de l’équivalence du certificat ou du diplôme obtenu d’un établissement étranger n’est plus obligatoire, précise le journal. L’expérience acquise est la seule qui compte. »

Fortes résistances

Bien sûr, les nouvelles dispositions n’ont pas été sans susciter quelque résistance de la part des représentants de la profession au pays de Mohamed VI. « L’ouverture de la porte aux médecins étrangers constitue une menace réelle pour la santé des citoyens », déclarait en juin l’Ordre des médecins, cité par Bladi.net.

Même tonalité côté syndical : cité par Medias24.com, un collectif d’organisations ne contestait pas la nécessité de recourir à des bras supplémentaires, mais suppliait les autorités de mettre en place « des procédures pour s’assurer de la compétence des médecins étrangers qui seront amenés à travailler au Maroc », et surtout de « se concentrer sur la réforme des conditions d’exercice de la profession dans les secteurs public et privé afin d’arrêter l’hémorragie de la fuite des cerveaux ».

Car c’est là la triste ironie de l’histoire : si le Maroc connaît de si graves problèmes de démographie médicale, c’est en partie parce que les professionnels qu’il forme s’empressent pour beaucoup d’aller faire valoir leurs compétences à l’étranger une fois diplômés. Un récent rapport parlementaire cité par Le360.ma estimait à 7000 le nombre de praticiens ayant quitté le royaume chérifien au cours des deux dernières années. Deuxième ironie de l’histoire : ceux-ci partent bien souvent vers des pays qui, eux-mêmes, ont choisi de faciliter l’entrée de médecins étrangers sur leur sol… pays au premier rang desquels on retrouve la France.

Portrait de Adrien Renaud

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