Rencontre avec un chasseur de têtes

#WUD38 : La chasse aux docteurs

Vingt-neuf recruteurs se sont pressés en avril dernier à la foire aux docteurs organisée par l’entreprise Careers in white à Bucarest. Leur objectif : ramasser des CV de médecins roumains pour les présenter à leurs clients, des établissements ouest-européens en manque de praticiens. What’s up Doc a discuté avec l’un de ces chasseurs de têtes : Guillaume Bernard, patron du cabinet Agisanté.

What’s up Doc. Comment devient-on chasseur de tête spécialisé dans les médecins d’Europe de l’est ?

Guillaume Bernard. Je suis basé à Budapest, en Hongrie, où je faisais jusqu’à il y a quelques années de la chasse de têtes « classique ». Puis un jour, alors que j’étais de passage dans ma ville natale en Lorraine, j’ai consulté un médecin de l’hôpital qui m’a dit qu’ils n’arrivaient pas à recruter. Je suis rentré à Budapest, et c’est comme cela que j’ai trouvé mon premier médecin. Maintenant, cela fait onze ans que nous sommes spécialisés dans la santé.

WUD. A quoi ressemble votre entreprise ?

GB. Nous sommes un cabinet de 4-5 personnes, et nous installons une dizaine de médecins par an en France et en Belgique. Les principaux pays sources sont la Roumanie, la Bulgarie, mais aussi les pays d’Europe du sud : Italie, Espagne, Portugal…

WUD. Quel est votre modèle économique ?

GB. Ce sont les établissements qui paient, et ils paient une fois que le médecin est installé. Tout est gratuit pour le praticien, auquel nous fournissons un service d’accompagnement : nous l’aidons à trouver les bonnes opportunités, à ficeler son projet et son contrat, à préparer l’entretien avec le médecin ordinal, etc.

WUD. La France est-elle une destination facile à « vendre » aux médecins d’Europe de l’Est ou du Sud ? 

GB. Je ne me plains pas. Les salaires français sont bien plus attractifs que ceux que ces médecins peuvent espérer chez eux, même s’ils critiquent souvent le montant élevé des taxes. Ce qui les attire surtout, ce sont les conditions de travail, et le respect des patients qui prévaut dans les hôpitaux français. Il faut savoir que les malades sont plus ou moins bien (et souvent mal) traités dans beaucoup d’établissements d’Europe de l’Est, ce qui ne donne pas aux médecins l’envie d’y travailler.

WUD. Les foires aux docteurs sont-elles un bon moyen de recruter ?

GB. Les salons de recrutement sont un bon moyen, mais ce n’est pas le seul. Quand on va sur un événement de ce type, on peut rencontrer les candidats de visu, ce qui est un avantage. Mais c’est un peu la loterie : ce sont des coûts certains pour des chances de réussite incertaine. C’est pour cela que nous comptons sur d’autres moyens : des conférences, Internet, la cooptation de nouveaux candidats par nos anciens candidats recrutés, etc.

WUD. Le marché du recrutement des médecins à l’international est-il en expansion ?

GB. On a eu un grand boom entre 2006 et 2014 : quand les frontières se sont ouvertes avec l’entrée de la Roumanie dans l’Union Européenne, tous les médecins qui étaient dans les starting-blocks ont voulu partir, et ils avaient besoin d’être accompagnés. Maintenant nous avons surtout les médecins qui sortent de formation. Mais il y a aussi un marché « de seconde main » : des praticiens étrangers qui sont déjà partis, qui ont un travail en France ou en Belgique, mais qui cherchent quelque chose de mieux.

WUD. Diriez-vous que c’est un marché concurrentiel ?

GB. Il y a de la concurrence, mais ce n’est pas mon problème majeur. Mon souci, c’est de trouver les bons candidats. Cela étant dit, j’ai confiance dans notre savoir-faire pour être les plus habiles et réussir à dénicher les meilleurs médecins dans les meilleurs délais pour nos clients.

Source: 

Adrien Renaud

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