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Dans un courriel adressé à l’ARS le 7 mars, et dévoilé par le quotidien La Nouvelle République, le maire de Châteauroux, Gil Averous (ex-LR), a estimé n'avoir "jamais connu un tel délabrement du service public hospitalier".
"On ne peut pas continuer à comptabiliser les gens qui meurent faute d'avoir été bien diagnostiqués et pris en charge", poursuivait l'édile, qui "déconseill(ait) fortement (aux) habitants de se rendre aux urgences de l'hôpital de Châteauroux" et les invitait à "privilégier l'hôpital d'Issoudun (à 30 minutes), ou l'hôpital de Limoges (à 1H10 de route)", selon le quotidien régional.
"Non ! Les patients qui arrivent aux urgences sont des patients qui en général ne peuvent pas choisir de se rendre à Limoges ou Issoudun, ce sont des gens qui n'ont pas de véhicule, qui attendent des transports sanitaires pour rentrer chez eux", réagit Clara de Bort, la directrice générale de l'ARS du Centre-Val de Loire destinataire de ce courriel.
« On demande à l’hôpital de compenser toutes les difficultés du système de santé et les difficultés sociales »
L'hôpital de Châteauroux a "des difficultés à recruter du personnel" en raison d'un "territoire très peu attractif pour les professionnels de santé", relève-t-elle.
"On demande à l'hôpital de compenser toutes les difficultés du système de santé et les difficultés sociales", regrette-t-elle.
La directrice régionale en veut pour preuve les patients âgés qu'on "envoie à l'hôpital parce qu'ils sont en fin de vie".
Enfin, elle pointe des problèmes d'organisation propres à l'établissement et recommande une série de mesures.
Ainsi, il faut "que le maximum de patients puissent patienter en box plutôt que dans le sas d'entrée", que "les infirmiers soient autorisés à positionner un patient en box" avant même d'avoir vu un médecin, que "les infirmiers d'accueil et d'orientation puissent solliciter un examen de biologie standard, en attendant qu'un médecin puisse voir le patient", préconise-t-elle notamment.
D'ici six semaines environ, l'ARS, l'hôpital et le maire de Châteauroux feront un premier bilan de ces préconisations égrenées dans un courrier de trois pages et adressé à l'établissement la semaine dernière.
"Nous ouvrons une période d'actions et d'évaluation", a commenté Gil Averous, qui doit revoir la direction de l'hôpital ce soir.
Avec AFP
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