Le défi des nanoparticules

Apporter des solutions thérapeutiques à des impasses oncologiques, c’est là le défi des nanoparticules. Dans bien des situations de cancéro dramatiques, la résection chirurgicale (R0) complète et efficace d’une tumeur est impossible. La radiothérapie adjuvante ne permet pas toujours d’obtenir de meilleurs résultats, guère plus que la chimio. Des espoirs sont portés sur des applications concrètes de nanomédecine pour potentialiser les effets des rayons.

CANCERS DU RECTUM LOCALEMENT AVANCÉS

42 152** NOUVEAUX CAS / AN* (FRANCE)

Pour obtenir une réponse histologique complète et une cytoréduction pré-chirurgicale, les nanoparticules seront utilisées pour les tumeurs volumineuses.

CANCERS PROSTATIQUES LOCALEMENT AVANCÉS NON MÉTASTATIQUES

56 841 NOUVEAUX CAS / AN* (FRANCE)

Très discutées entre urologues et radiothérapeutes sur le choix du meilleur traitement, les tumeurs prostatiques à haut risques pourraient peut-être bénéficier d'une nouvelle association thérapeutique de rayons et des nanoparticules prochainement évaluée dans un nouvel essai.

CANCERS PRIMITIFS OU MÉTASTATIQUES DU FOIE

Qu’il s’agisse d’un carcinome hépatocellulaire, comme 90 % des primitifs hépatiques, ou de métastases au foie, du moment que l’envahissement représente moins de 30 % du volume hépatique, les nanoparticules pourraient apporter un bénéfice thérapeutique pouvant aller jusqu'à la survie. Une phase I/II est prévue pour évaluer la toxicité et la dose minimale efficace.

CANCERS DU SEIN LOCALEMENT ÉVOLUÉS

48 763 NOUVEAUX CAS / AN* (FRANCE)

Pour la conservation de l’organe, et optimiser les résultats de la radiothérapie en adjuvant.

SARCOME DES TISSUS MOUS LOCALEMENT AVANCÉ

6 000 NOUVEAUX CAS / AN (FRANCE)

La résécabilité chirurgicale complète des sarcomes des tissus mous relève du défi. Pour augmenter l’efficacité du geste, en plus de la radiothérapie néo- ou adjuvante, on pourrait bientôt penser utiliser des nanoparticules qui potentialiseraient l’effet des rayons. Une phase III en cours, prévue pour être étendue à plusieurs centres en Europe et en Asie, utilise des nanoparticules d'Oxyde d'Hafnium en association avec la radiothérapie versus les rayons seuls. Résultats intermédiaires attendus en 2016.

Le défi des nanoparticules dans le sarcome : permettre une cytoréduction maximum pour rendre les tumeurs les plus volumineuses accessibles à une résection la plus carcinologique possible.

TUMEURS CÉRÉBRALES GLIOBLASTOME MULTIFORME

4 999 NOUVEAUX CAS / AN* (FRANCE)

TUMEURS ORL

17 000 NOUVEAUX CAS / AN (FRANCE)

Que les lésions soient induites par le papillomavirus ou par une intox éhtylotabagique, le choix du traitement est souvent difficile et sa réalisation complexe. Si la chirurgie est un recours fréquent, elle ne peut intéresser que des tumeurs bien localisées avec un risque de mutilation inhérent à la résection. La radiothérapie associée ou non à la chimio tente parfois une cytoréduction avec des résultats hétérogènes. Des nanoparticules sont aujourd’hui testées pour amplifier l’efficacité des rayons, visant à limiter du même coup la toxicité.

 

PAS OU PEU DE TOXICITÉ POUR LES NANOPARTICULES !

Chez l’animal, il a été rapporté des cas de thromboses vasculaires dans des conditions extrêmes où un volume de nanoparticules avait été injecté à hauteur de 1/3 du volume sanguin.

Chez l’homme, où une telle dose n’est pas envisageable, il est rapporté uniquement des douleurs au point d’injection et parfois une fièvre légère.

INJECTION IN SITU

Les nanoparticules concernées par les espoirs thérapeutiques en cours d’étude doivent être injectées au sein des tumeurs, dans l'artère nourricière de la tumeur ou déposées dans le lit tumoral au cours de la chirurgie.

 

* Source : Les Cancers en France - édition 2014 (Institut national du cancer)

** Chiffres comprenant les cancers côlon-rectum.

Portrait de Matthieu Durand
article du WUD 18

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