La simulation de demain à Amiens

Le CHU d’Amiens vient d’ouvrir dans son enceinte le plus grand centre européen de simulation en santé, appelé tout simplement SimUSanté. Dans un bâtiment immense totalement dédié à cette activité vont se côtoyer toutes les professions au contact des patients, dans un environnement imitant l'ensemble des situations susceptibles de se produire, aussi bien en ville qu'à l'hôpital.

Amiens, parmi les dernières villes du classement des CHU (voir What’s Up Doc #24), a décidé de devenir à la pointe de la technologie et de la pédagogie. Christine Ammirati, chef du service des urgences et docteur en sciences de l'éducation, est heureuse de voir aboutir ce projet qu’elle porte de longue date : le centre SimUSanté, qui a ouvert ses portes début février.

Un vrai petit coin de paradis

C’est un espace dans lequel se retrouvent les soignants, les patients et les aidants. Le bâtiment comporte un rez-de-chaussée dédié à la pratique de ville, avec pharmacie, cabinet de médecine générale, et surtout un espace appelé SimULogis. Sa description ressemble à une annonce immobilière : trois chambres dont une médicalisée, salon, cuisine équipée, salle de bain avec baignoire, cour intérieure et garage – véhicule réformé inclus. Rien n’a été oublié, pas même l’escalier picard tout en angles qui sert à la formation au brancardage. Cet environnement hyperréaliste – guitare qui traîne dans une des chambres comprise – prépare les apprenants à réagir à tous les éventuels problèmes de la vie quotidienne.

Au sous-sol se trouve la zone hospitalière : bureaux de consult’, chambres de patients avec salles de bain, bloc opératoire avec zone de nettoyage des mains, salle de travail avec plateau de réa néo-nat’, chambre de mater’, biberonnerie, pharmacie hospitalière... La partie imagerie est également représentée, avec différents appareils dont l’un des rares « scanners pédagogiques ». Et ce n’est pas tout... s’y trouvent aussi des salles « monogeste » et de haute fidélité : simulateurs d’échographie, d’arthroscopie, de circulation extracorporelle... Sans oublier le premier simulateur de chirurgie ouverte maxillofaciale, développé par le Pr Devauchelle (l’opérateur de la première greffe de visage). Autre prototype développé avec le CEA : un Oculus Rift est utilisé pour la simu de la radiothérapie avec visualisation des rayons délivrés.

Tout est dans le savoir-être

Bref... c’est énorme ! Mais le credo de Christine Ammirati et de ses collaborateurs est « la simulation de demain à visage humain » : « Nous sommes très branchés sciences de l’éducation, comportement, et savoir-être. Nous n’enseignons pas que les gestes etla technique, mais surtout comment parler aux soignés, ce que les Anglo-saxons appellent "bedside manners". Les étudiants en médecine auront accès au centre de façon très souple avec un SimUPass, pour pouvoir s’entraîner quand ils en auront le temps (et l’envie), avec la possibilité de valider des compétences à leur rythme ».

De quoi booster l’attractivité du CHU d’Amiens ! 

* IDEFI : Initiatives d'excellence en formations innovantes 

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Financement : 

8,5 millions d’euros par l’Agence nationale de la recherche (projet IDEFI*) 

6 millions d’euros par le conseil régional de Picardie 

1,8 million d’euros par le Fonds européen de développement régional 

Portrait de Sarah Balfagon
article du WUD 25

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