La pollution de l'air intérieur, sujet de « vigilance » pour les entreprises

Mises en évidence par la pandémie de Covid-19, les conséquences sanitaires de la pollution de l'air intérieur appellent une « vigilance » de la part des entreprises, souligne Jean-Michel Sterdyniak, médecin du travail en Seine-Saint-Denis.

Pourquoi les problématiques liées à la pollution de l'air intérieur, notamment en entreprise, ont mis plus de temps à émerger que celles liées à l'air extérieur?

La problématique a repris du poil de la bête à cause de la pandémie. Si l'air n'est pas assez renouvelé, il y a un risque plus grand d'attraper le Covid. Il existe des normes pour la pollution dans les locaux de travail, il y a une obligation générale des employeurs de garantir la santé des salariés, mais il n'y a pas vraiment de contrôles. Vous avez déjà vu l'inspection du travail ou la Sécurité sociale débarquer dans une entreprise parce qu'elle n'a pas fait des mesures d'air?

Quels sont les principales sources de pollution de l'air intérieur et quels symptômes peuvent être ressentis?

Les principaux polluants de l'air intérieur sont extrêmement variés. Ceux qui posent le plus de problèmes, ce sont les COV (composés organiques volatils, des polluants de type gazeux). Quand vous allumez une bougie chez vous, ça sent bon mais ça dégage des composés organiques qui peuvent être toxiques. Autre exemple, dans les bureaux neufs, tout n'est pas finalisé, la colle n'est pas encore fixée, donc ça peut s'évaporer et ça contamine l'air. Après, vous avez tous les produits ménagers, les produits d’entretien, la poussière, les acariens... On a aussi des contaminations microbiennes ou bactériennes. En matière de symptômes, les COV et les acariens peuvent provoquer des allergies et de l'asthme. Et puis se pose toujours le problème des petites expositions sur le long terme. Certains produits, comme les solvants contenus dans les peintures, sont considérés comme cancérigènes.

Sur quels leviers agir pour améliorer la qualité de l'air intérieur?

La meilleure solution, c'est l'aération. Ouvrir la fenêtre, c'est simple et parfois il n'y a pas d'autre choix, comme dans les locaux sans ventilation mécanique. Plus généralement, la solution c'est la prévention: il ne faut pas laisser s'accumuler dans un local des virus ou des produits nocifs. L'accumulation de tous les COV demande une vigilance, on ne sait pas quelles peuvent être les conséquences à long terme. Mais il ne faut pas confondre le risque et le danger. Par exemple, le formaldéhyde (une substance chimique, ndlr) est considéré comme cancérigène, donc il y a un danger. Mais vu les concentrations (de formaldéhyde) rencontrées dans les bureaux, le risque est très faible.

Avec AFP

Portrait de La rédac'

Vous aimerez aussi

Les révélations du livre « Les fossoyeurs » décrivant des dysfonctionnements dans des Ehpad privés du groupe Orpea sont "absolument révoltantes" et...

Avec la crise sanitaire qui a mis en évidence les besoins des hôpitaux et les difficultés pour nombre de Français d'accéder à un médecin, les...

Dans une campagne présidentielle marquée par l'épidémie de Covid-19, la santé est une préoccupation majeure des électeurs. Voici cinq chiffres...

Le gros dossier

 

Le magazine What’s Up Doc est édité par l’agence Planète Med.