La 3D, l'outil indispensable pour les chirurgiens

Pouvoir visualiser les organes en 3D, offrir plus de confort aux chirurgiens, c’est la promesse de Visible patient. Alors promesse tenue ? On a posé la question à Dominique Gossot, chirurgien thoracique.

What’s up doc : Alors c’est quoi, Visible Patient ?

Dominique Gossot :  C’est un outil de reconstruction en 3D. Quand on a besoin d’une modélisation ou d’une reconstruction, nous envoyons le scanner chez Visible patient. Deux ou trois jours plus tard, nous recevons sur nos ordinateurs et nos téléphones le modèle 3D.

Dans quel cas pratique l’utilisez-vous ?

D G : Avant nous demandions à nos radiologues de réaliser l’équivalent mais c’était imparfait, et surtout ça leur prenait beaucoup de temps. Quand nous avons découvert cette solution nous l’avons tout de suite demandée.

Quel est l’apport en comparaison à un scanner standard ?

D G : Le scanner standard est en noir et blanc, la reconstruction est en couleur et surtout cette reconstruction peut être examinée sous tous les angles. On peut tourner autour du modèle. Autre énorme avantage, on peut naviguer couche par couche. Cela permet d’enlever ce qui nous gêne. Par exemple nous enlevons les artères, pour pouvoir voir les bronches derrières. Ou à l’inverse, ajouter des fonctions, matérialiser des tissus, voir le nodule que vous allez ôter lors de l’opération à venir. Ce qu’on appelle la marque de sécurité à respecter. Cela vous donne une vision de l’anatomie qui n’a rien à voir avec celle d’un scanner. Ainsi on n’est pas surpris au cours de l’intervention, à cause de variations anatomiques.

Cela a révolutionné vos opérations ?

D G : Cela a complétement changé notre pratique. Il y a beaucoup d’interventions que l’on faisait sans modèle 3 D. Maintenant ça me paraît indispensable.

Quels sont les inconvénients ou les choses perfectibles ?  

D G : L’inconvénient, c’est le coût, de l’ordre de 700 à 800 euros par reconstruction, ce n’est pas négligeable. Du côté des choses perfectibles, on peut toujours rêver que ce soit plus réaliste. Mais, pour le moment c’est déjà un grand pas.

C’est donc la solution du futur ?

D G : Oui c‘est très clair. Et il y a aussi une autre grosse amélioration qu’on est en train de tester c’est la réalité hybride. Vous avez un casque de réalité virtuelle et vous pouvez naviguer dans le modèle. Au lieu de l’avoir sur écran, il flotte devant nous. Ce serait plus pratique. Actuellement quand nous sommes sur un malade il faut aller voir sur l’écran, avec ce système nous pourrions le faire apparaître juste sous nos yeux.

 

Portrait de Albane Cousin

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