IPA : le décret est sorti

Vous avez dit consensus ?

Le statut d’infirmier de pratique avancée permet, grâce à une formation complémentaire, de transférer une partie des activités de suivi de patients chroniques des médecins aux infirmiers.

La création du nouveau métier sentait la poudre, entre des infirmiers qui demandaient plus d’autonomie et des médecins qui souhaitaient rester les « chefs d’orchestre » de l’organisation des soins. Finalement, le décret publié le 19 juillet au Journal officiel encadrant la pratique d’infirmier de pratique avancée (IPA) est passé sans heurts, pour l’instant.

Deux ans de formation supplémentaire

Un infirmier diplômé d’État justifiant de trois années d’expérience pourra désormais s’inscrire à une formation complémentaire pour acquérir plus de responsabilités. Il s’agira d’un Master (bac+5) validé après l’acquisition de 120 crédits.

Un arrêté accompagnant le décret fixe huit pathologies chroniques stabilisées qui feront partie de leur champs d’action (1). Le décret prévoit comme domaines d’action l’oncologie et hémato-oncologie, les maladies rénales chroniques, la dialyse et la transplantation rénale.

Le médecin toujours aux commandes

En pratique, le médecin pourra confier le suivi de certains patients aux IPA, « dans le respect du parcours de soin du patient coordonné par le médecin traitant », précise le décret. Celui-ci définira tout le protocole de soins, le rythme des consultations qui seront de sa responsabilité, ainsi que les conditions du retour du patient vers une consultation auprès d'un médecin.

L’IPA étend tout de même ses compétences. « L'infirmier exerçant en pratique avancée est compétent pour conduire un entretien avec le patient qui lui est confié, effectuer une anamnèse de sa situation et procéder à son examen clinique ». Il pourra aussi prescrire des médicaments et des dispositifs médicaux non soumis à prescription médicale obligatoire, ainsi que des examens de biologie médicale. Il pourra également « renouveler, en les adaptant si besoin, des prescriptions médicales ».

Contents, mais pas ravis

Si l’Ordre des infirmiers regrette la limitation d’autonomie confiée aux IPA, son président, Patrick Chamboredon, a néanmoins salué « une réelle avancée pour la profession » ainsi que « pour l’amélioration de l’accès aux soins ».

La CSMF a également réagi par communiqué, en se félicitant d’avoir réussi à imposer « un protocole d’organisation qui sera communiqué au patient, afin que ce dernier puisse identifier clairement le rôle de chacun ». Comme le Syndicat des médecins libéraux (SML), elle s’interroge néanmoins sur le modèle économique du nouveau métier, pour la pratique en ville. « En l’absence d’évolution réglementaire et de moyens pour les rémunérer, les infirmiers en pratique avancée exerceront seulement dans les hôpitaux », souligne le syndicat majoritaire.

« L’introduction des dépenses des 5 000 futurs IPA ne saurait être envisagée sur l’enveloppe des soins de ville, qui est actuellement fermée, sans que les Pouvoirs publics ne songent à l’augmenter en conséquence », ajoute le SML. « Faute de quoi, le financement des actes des IPA se ferait au détriment des autres professions de santé libérales ».

(1) accident vasculaire cérébral ; artériopathies chroniques ; cardiopathie, maladie coronaire ; diabète de type 1 et diabète de type 2 ; insuffisance respiratoire chronique ; maladie d'Alzheimer et autres démences ; maladie de Parkinson ; épilepsie.

Source: 

Jonathan Herchkovitch

Portrait de Jonathan Herchkovitch

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