Homéopathie : le secret de polichinelle de la HAS

La Haute autorité de santé (HAS) a adopté le 15 mai un avis provisoire sur le déremboursement des spécialités homéopathiques. Il est pour l’instant tenu secret, mais l’issue de l’évaluation ne laisse pas tellement de place au doute.

La saga homéopathique continue. Alors que tout le monde ­– collectif Fakemed, médecins, Académies de médecine et de pharmacie – prend plaisir à casser du sucre sur le dos des homéopathes, la HAS, sur demande de la ministre de la Santé, procède depuis plusieurs mois à une évaluation des spécialités homéopathiques, en vue de leur éventuel déremboursement.
 
Le 15 mai, elle a rendu un premier avis, à la suite de l’étude de la littérature sur le sujet. Cet avis est pour l’instant tenu secret. « La HAS rappelle son attachement à la confidentialité des travaux dans leur phase d’élaboration et ne commentera pas les informations qui circulent dans la presse », s’est-elle expliqué dans un communiqué. « Comme l’ensemble de ses travaux, l’avis sur les médicaments homéopathiques sera public et communiqué quand celui-ci sera définitif ». En principe, au plus tard à la mi-juin. 

Le contrat de confiance

Les informations qui circulent dans la presse convergent vers une décision défavorable aux laboratoires concernés (Boiron, Lehning, Weleda). Les conditions d’évaluation de la HAS, reposant sur l’étude des travaux scientifiques sur les médicaments homéopathiques, ne laissent en effet que peu de place à une décision qui conforterait le maintien du déremboursement. Si, malgré tout, malgré l’étude de la littérature peu favorable aux granules, si la commission de la transparence de la HAS devenait frileuse et cédait face à l’opinion publique, une telle décision représenterait un désaveu fort de la caution scientifique de la HAS.
 
Tout porte donc à croire que le préavis secret envoyé aux laboratoires penche en faveur du déremboursement. Ceux-ci ont désormais dix jours pour y répondre et demander à être entendus par la commission, s’ils le souhaitent. Ensuite, la commission de la transparence aura 45 jours pour donner suite, puis donner un avis. De source proche du dossier, la HAS compte rendre public cet avis avant la fin du mois de juin. 
Un avis qui devrait être respecté par la ministre de la Santé, qui s’était engagée à suivre la HAS sur le sujet. Les homéopathes, optimistes, continuent de tenter le coup.

Portrait de Jonathan Herchkovitch

Vous aimerez aussi

Un tiers des Français pensent que les vaccins ne sont pas sûrs, selon une étude de l'institut Gallup World Pool. La France figure en tête des pays...
Après des mois de prévention pour inciter les New Yorkais à se faire vacciner contre la rougeole, le maire a décidé de passer à la vitesse supérieure...

Le gros dossier

 

Le magazine What’s Up Doc est édité par l’agence Planète Med.