Homéopathie : le chant du cygne du SML et du SNMHF ?

Le Syndicat des médecins libéraux (SML) et le Syndicat national des médecins homéopathes français (SNMHF) réclament le maintien du remboursement des médicaments homéopathiques par l’assurance maladie, dans un communiqué publié le 24 juin.

Le Syndicat des médecins libéraux (SML) et le Syndicat national des médecins homéopathes français (SNMHF) ont publié ce lundi un communiqué aux allures de chant du cygne pour réclamer le maintien du remboursement de l’homéopathie.
 
Comme What's up Doc l'expliquait le 15 mai, la Haute autorité de santé (HAS) a rendu un préavis favorable au déremboursement. Une information confirmée par la suite par l'autorité sanitaire et par les laboratoires concernés.

Un généraliste sur trois prescrit de l’homéopathie ?

 À quelques jours de l’avis définitif (28 juin) de la commission de la transparence (CT) de la HAS sur la prise en charge par l'assurance maladie des médicaments homéopathiques, le SML et le SNMHF s’en sont pris, dans ce qui ressemble à un baroud d'honneur, aux anti-homéopathie et autres #NoFakemed :
 
« La polémique haineuse, alimentée sur les réseaux sociaux par certains dont des médecins, témoigne de la triste réalité d’une époque où quelques individus profitent des réseaux sociaux pour répandre des contre-vérités et susciter l’angoisse chez les patients. Le même mécanisme s’applique d’ailleurs à la vaccination. »
 
Réplique de Jean-Jacques Fraslin, pourfendeur de l’homéopathie avec les #NoFakemed : « C'est pas l’homéopathe Didier Grandgeorge, membre du conseil administration du SNMHF qui prétend que le vaccin contre la rougeole peut entraîner l'autisme ? »

 
Le SML et le SNMHF ont tenu à « réaffirmer quelques vérités ». Tout d’abord, « un médecin généraliste sur trois prescrit quotidiennement des médicaments homéopathiques », selon les deux syndicats qui enchaînent sur leur argument choc :
 
« Prétendre que le déremboursement de l’homéopathie permettrait de financer les médicaments innovants est loin de la vérité, puisque la prise en charge des médicaments homéopathiques ne représente que 0,29 % des remboursements de médicaments en France. D’ailleurs un faible report sur des médicaments remboursés annulerait cette économie. »

Les patients les plus modestes pénalisés ?

 Les deux syndicats estiment que le déremboursement brutal de ces médicaments risquerait « non seulement de pénaliser les patients les plus modestes mais aussi d’entraîner un déport de la consommation vers des médicaments plus lourds présentant des risques iatrogéniques plus élevé, engendrant mécaniquement de nouvelles dépenses pour l’Assurance maladie. » Et d’ajouter que « le recours des patients à des "thérapeutes non médecins" constituerait un vrai danger et une perte de chance. »
 
Contre-attaque de Jean-Jacques Fraslin : « Il parait que cela va "pénaliser les patients les plus modestes" qui pourront cependant continuer à consulter leurs chers homéopathes en secteur 2 »

 
Enfin, le SML et SNMHF regrettent que « la HAS dans sa Commission de la Transparence n’ait pas intégrée des experts ayant une vraie connaissance de l’homéopathie » et redoutent un « jugement à charge ».
 
Un argument qui va dans le sens des experts des labos fabricants d'homéopathie, qui avaient fait valoir, lors d’une ultime audition par la Haute autorité de santé (HAS) le 12 juin dernier, que le mode d'évaluation de l'efficacité de l'homéopathie n'était "pas adapté".
 
Réponse définitive ce vendredi 28 juin. Agnès Buzyn, ayant déclaré le 18 juin sur France Info qu'elle suivrait l'avis de la Haute autorité de santé (HAS) sur le maintien ou non du remboursement des médicaments d'homéopathie.
 

Portrait de Julien Moschetti

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