Greffes hépatiques : de nouveaux indicateurs pour une télésurveillance personnalisée

Dans le cadre l'article 51, un projet d'expérimentation de télésurveillance médicale de patients greffés hépatiques va être mis en place. Porté par la société Optim'Care, il vise à améliorer la qualité de vie des patients et la durée de vie des greffons, à travers des indicateurs personnalisés, centrés sur les résultats qui comptent pour les patients. Un projet qui partage des approches de Valeur en Santé !

Grâce à une application et des matériels connectés, le projet se propose de suivre à distance les patients ayant subi une greffe du foie. Le suivi se base sur des indicateurs cliniques, biologiques et psychologiques, transmis par les patients eux-mêmes. En interprétant ces données entre les consultations, l'objectif poursuivi est d'identifier et d'anticiper l'apparition de facteurs de risque, mais aussi d’augmenter la qualité de vie des patients.

Une surveillance personnalisée 

La télésurveillance est prescrite par l'hépatologue ou le médecin transplanteur, pour une durée de six mois renouvelables. « Le professionnel de santé inscrit le patient et définit le plan de surveillance », explique le Pr. Pierre Marquet, chef du service pharmacologie, toxicologie et pharmacolovigilance au CHU de Limoges, partenaire de l'initiative.
 
« Le plan de surveillance est personnalisable à chaque patient et ajustable dans le temps : le professionnel sélectionne les données à suivre et paramètre des seuils qui, s'ils sont dépassés, feront remonter des alertes. Ceux-ci sont modifiables à tout moment », précise Julie Vandenbergue, présidente de la société Optim'Care, porteuse du projet. Le système se veut le plus flexible possible afin de répondre aux spécificités et aux choix d'organisation de chaque centre.
 
Une première surveillance des données transmises peut être exercée par une infirmière. « Elle effectue les premiers contrôles, demande éventuellement au patient de refaire certaines mesures », ajoute Julie Vandenbergue. Mais lorsqu'une alerte est confirmée, c'est au médecin que revient la décision d'enclencher une consultation, de prescrire des examens supplémentaires, ou toute autre action qu'il juge appropriée. Le suivi des données de la télésurveillance et les décisions peuvent être déléguées à un médecin spécialiste de ville ou d’un hôpital périphérique, qui aura accepté d'assurer le suivi en alternance avec le médecin transplanteur.

Questionnaires de ressenti 

Le suivi comprend d'abord des données biologiques usuelles, les bilans sanguins des patients, notamment le dosage des enzymes hépatiques. Mais il inclut aussi - et c’est là une nouveauté - des données psychologiques issues de questionnaires de ressenti (adhésion au traitement, qualité de vie et/ou effets indésirables ressentis) complétés par les patients dans une application dédiée.
 
Les données cliniques (poids, IMC, tension ...), quant à elles, sont transmises directement par le biais d'objets connectés. « Le patient synchronise sa balance et son tensiomètre connecté avec l’application d’Optim’Care installée sur sa tablette ou son smartphone, la donnée est alors automatiquement transmise », indique Julie Vandenbergue. C'est un algorithme qui vérifie si les seuils sont respectés, et envoie des alertes au médecin si ce n'est pas le cas. 

Vers une meilleure prise en charge 

« L'intérêt de ce système, c'est que le médecin puisse voir le patient aux meilleurs moments. Cela lui permet d'optimiser le temps médical, tout en adaptant la prise en charge à l'état du patient en temps réel », détaille le Dr. Marquet. Alors que les cohortes de patients transplantés et la durée de vie des greffons augmentent, les moyens hospitaliers rendent le suivi médical rapproché difficile. D'où la nécessité de trouver d'autres moyens de surveillance.
 
Un autre des objectifs poursuivis dans ce projet est la responsabilisation, l'implication du patient dans sa prise en charge. « Plus il est impliqué, plus il est observant et meilleurs sont les résultats », insiste Pierre Marquet. C'est la raison pour laquelle l'application de suivi, dans laquelle sont renseignées les données du patient, comprend aussi un volet d'information et de conseils sur la greffe, les traitements … Il peut aussi visualiser dans l'interface l'historique des données transmises, et leur statut (en attente, traitées par le médecin …).
 
L'expérimentation, qui a débuté en octobre 2019, devrait se prolonger jusqu'en décembre 2022. Le comité de pilotage réunit Optim'Care, l'ARS Nouvelle-Aquitaine et les caisses primaires d'assurance maladie concernées. A l'issue de l'expérimentation, une organisation externe sera mandatée pour évaluer son efficacité.

Publié avec le concours du Cercle Valeur Santé. 

 

Portrait de WUD
Par WUD

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