Fausses attestations, tests PCR trafiqués : La Covid, nouveau terrain de jeu du DarkWeb

Armes, stupéfiants… et tests PCR négatifs. Sur le Dark Web, les faux documents liés à la pandémie pullulent chaque jour un peu plus. Un commerce illicite - et dangereux - qui aurait une portée internationale.

La pandémie mondiale fait le bonheur des vendeurs du DeepWeb. Aux côtés de petites annonces proposant de la drogue, des armes et parfois des humains (oui), les certificats liés à la pandémie figurent désormais en bonne place. Au programme ? Des tests PCR trafiqués, des certificats de vaccination frauduleux ou encore des passeports vaccinaux contrefaits. « Pour l'achat de deux tests négatifs, vous recevrez le troisième gratuitement », clamerait même l’un de ces commerçants selon l’entreprise CheckPoint, experte en sécurité numérique.

Bien loin de se cantonner aux frontières françaises, ce nouveau commerce aurait une portée internationale. En décembre dernier, l’organisation internationale de la la police criminelle (Interpol) mettait en garde ses 194 pays membres contre l’apparition de kits de tests de dépistages falsifiés. Une activité qui n’a pas cessé de pulluler depuis. « L'offre n'est pas massive comme pour d'autres médicaments mais il y a bien eu l'apparition d' « autoshops », des mini-sites de vente chinois ou russes », expliquait, au Parisien, le directeur général d’Avisa Partners, un cabinet d’intelligence économique et d’affaires internationales.

Trouvables sur le Dark Web, ces produits illicites ne devraient théoriquement pas être accessibles au plus grand nombre. « Il faut connaître les plateformes de vente et se procurer de la monnaie virtuelle. […] Ce qui exclut l'achat direct par le citoyen lambda », poursuit dans les colonnes de nos confrères Antoine Violet-Surcouf. Et pourtant, ces faux migrent de plus en plus au vu et au su de tous. Quand ce n’est pas un jeune photoshoppeur qui propose de fausses attestations sur les réseaux sociaux comme le rapporte France 3 Corse, ce sont des instagrammeuses qui en font la promotion. « Attestation de déplacement comme quoi vous travaillez à l’hôpital sur Paris. Comme ça, possible de se déplacer de 21 à 6h. Pour les personnes intéressées, la feuille scannée [envoyée] par e-mail et vous êtes tranquille pour toute la période couvre-feu », écrivait récemment Rasaxx Taytay, une influenceuse aux 144 000 abonnés.

Endiguer cette activité illicite relèverait cependant du parcours du combattant. Rompus à l’exercice, les vendeurs du Dark Web prendraient le parti de supprimer leurs annonces seulement quelques heures après leur publication. Cette précaution compliquerait fortement le travail des enquêteurs. Un modus operandi bien rôdé qu’ils appliquent d’ailleurs à une toute nouvelle gamme de produits : les vaccins. « Nous exhortons tout le monde à ne pas acheter de vaccins en dehors des programmes de vaccination gérés par le gouvernement. », alertait le Dr Tedros, patron de l’OMS, le 26 mars dernier.

 

Portrait de Julia Neuville

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