© Midjourney x What's up Doc
L’IA n’en finit plus de s’immiscer dans le quotidien des médecins. Un dispositif, développé avec la start-up de santé numérique Doctronic, permet à un système d’IA de gérer le renouvellement de traitements pour des patients atteints de maladies chroniques, pour un nombre limité de médicaments couramment prescrits. Le programme a débuté discrètement le mois dernier, selon le média Politico.
Les autorités de l’Utah présentent cette expérimentation comme un moyen de réduire les coûts de santé, d’éviter les ruptures de traitement et d’améliorer l’accès aux soins, notamment dans les zones rurales en proie à des pénuries de professionnels.
Le système repose sur un questionnaire clinique automatisé, présenté comme équivalent à celui d’un médecin. En cas de doute ou de situation à risque, l’IA est programmée pour orienter le patient vers un praticien humain. Les 250 premières prescriptions délivrées pour chaque classe de médicaments font également l’objet d’un contrôle humain.
Presque 100% de concordance avec les décisions humaines
Selon des données communiquées par Doctronic aux autorités de l’État, les décisions thérapeutiques de l’IA concordaient avec celles de médecins dans 99,2 % des 500 situations comparées.
« L’IA est en réalité meilleure que les médecins pour ce type de tâche », affirme le Dr Adam Oskowitz, cofondateur de Doctronic et professeur de chirurgie à l’université de Californie à San Francisco, cité par le média Politico. « Lorsqu’un patient voit un médecin, celui-ci ne fait pas toutes les vérifications que l’IA effectue », estime-t-il.
Le programme est limité à 190 médicaments. Les traitements liés à la douleur, au trouble du déficit de l’attention (TDAH), ainsi que les médicaments injectables, en sont exclus pour des raisons de sécurité.
Inquiétude dans la communauté médicale
Des organisations médicales ont toutefois exprimé leurs inquiétudes. L’Association médicale américaine (AMA) a mis en garde contre les risques liés à l’absence d’intervention d’un médecin, notamment en cas d’interactions médicamenteuses, de signaux cliniques subtils ou de détournement du système à des fins abusives.
La Food and Drug Administration (FDA) n’a pour l’instant pas pris position sur ce programme, estimant que la question ne relevait pas de son champ réglementaire. Des experts soulignent toutefois que la FDA pourrait intervenir si elle considère l’IA comme un dispositif médical non autorisé, selon Politico.
Doctronic indique être en discussion avec d’autres États américains, dont le Texas et l’Arizona, et étudie la possibilité d’un déploiement à l'échelle nationale.