Doit-on avoir peur de la médecine prédictive ?

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Laurent Alexandre, précheur de la vie éternelle... demain

Doit-on avoir peur de la médecine prédictive ?

Angoisse de société, ou fait réel ? La médecine prédictive, qui vise à évaluer au moyen de tests génétiques le risque de maladies à l’échelle de sa vie, connaît un essor considérable. Tous concernés ! La médecine prédictive s’adresse d’abord aux bien portants. Elle définit le risque pour chacun, d’avoir une maladie donnée au cours de sa vie selon un calcul de probabilité statistique réalisé à partir de son ADN.

 

Le nombre de tests actuellement proposés explose. Les enjeux industriels sont de taille et attirent les investissements. Les hommes, naturellement avides de connaître leur destin, participent à cet engouement sans toujours prendre garde aux considérations éthiques parfois… bien fragiles.

 Sommes-nous prêt ? Non. A l’évidence, ni la population, ni les professionnels de santé, ni les législateurs ne se sont préparés à cette vague diagnostique. Alors même que les tests fleurissent, rapides et abordables, rares sont les formations médicales qui entrainent les médecins à répondre aux questions qui leur seront posées.

 

« J’ai 23% de risque de cancer du colon, que dois-je faire ? »

 

Un ras de marée de probabilités va noyer les consultations sous des flots d’interrogations légitimes sur les conduites à tenir. Mais, aujourd’hui, à l’exception de quelques maladies bien identifiées, nul ne sait nécessairement tout anticiper pour limiter un risque annoncé. Peut-on pour autant éviter cette (r)évolution du « tout savoir » ? Peu probable. Si la France émet des recommandations et s’arme de conseils éthiques pour légiférer l’accès aux tests, le commerce d’échantillons sanguins, par-delà les frontières, est difficilement contrôlable… Science-fiction ? Peut-être pas, c’est en tout cas l’idée qui habite le Dr Laurent Alexandre, directeur de DNA Vision, société belge leader européenne du séquençage génétique. Leurs analyses répondent aujourd’hui à des demandes médicales… mais pour combien de temps encore ? L. Alexandre (@dr_l_alexandre), visionnaire charismatique à la personnalité atypique, a depuis quelques années déjà, annoncé la mort de la mort dans son livre (Ed. JC Lattès) et maintenant la défaite du cancer (Ed. JC Lattès) assurant que l’expansion de l’ère génétique va repousser les limites de la vie.

 

Quoi qu’il en soit, il est certain que nous vivons une brulante période d’explosion de connaissances qui bouleverse(ra) l’humanité entière. Aujourd’hui, il nous appartient de décider du droit au savoir et de préserver celui de ne pas savoir. James Watson, prix Nobel co-découvreur de l’ADN, publiait pour la première fois l’intégralité de son génome dans Nature en 2008. Il omettait volontairement une seule analyse : le gène prédisposant au risque de la maladie d’Alzheimer. Se sachant menacé par des antécédents familiaux, il a préféré ne pas définir son risque génétique exact faute de recours médical suffisant à ce jour.

 

Est-ce là, le médecine qui nous attend ?

Gardons-nous en tout cas de ne pas nous enfermer dans une destinée pré-établie.

 

 

Source:

Matthieu Durand

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