Crise des urgences : la réponse d’Agnès Buzyn

Tel le général De Gaulle, Agnès Buzyn "a compris" les urgentistes.
Tel le général De Gaulle, Agnès Buzyn "a compris" les urgentistes.

La ministre de la Santé Agnès Buzyn a profité de son passage au congrès de la Société française de la médecine d'urgence (SFMU) pour apporter des réponses à crise des services d'urgence. 

On l’attendait impatiemment : Agnès Buzyn a enfin apporté sa réponse au mouvement social des urgences, qui paralysent 82 SAU depuis mars dernier. Lors du congrès annuel de la société française de médecine d’urgence (SFMU), ce 6 juin, la ministre de la santé et des affaires sociales a annoncé 5 actions « pour répondre aux difficultés actuelles des services hospitaliers d’urgences ». 

Dans son discours, Agnès Buzyn s’est voulu solennel : « Face à la détresse que vivent beaucoup de services d’urgence, il faut répondre à des enjeux immédiats, qui représentent autant d’impatiences légitimes. N’ayons pas peur des mots : le quotidien est devenu insupportable pour beaucoup d’entre vous."

 

Mission nationale

Première de ces actions, une mission nationale a été confiée au CNUH et au député Thomas Mesnier « pour construire une nouvelle stratégie d’ensemble d’évolution des services d’urgence ». Cette mission devra permettre d’établir une typologie des strcutures d’urgence, « d’apprécier l’amélioration attendue des réformes en cours », d’identifier les travaux complémentaires à mener. Ces travaux devront s’inscrire dans le cadre du plan Ma santé 2022. Deuxième mesure, plus ancrée dans l’urgence : poursuivre la mobilisation des ARS « afin d’engager des travaux de rénovation architecturale des urgences ». Troisième mesure : des crédits fléchés exceptionnels pourront être mobilisables « pour permettre aux établissements de santé de faire face à une augmentation importante de l’activité d’un service d’urgence ». Pour le personnel paramédical, la quatrième mesure annoncée devrait permettre d’homogénéiser l’utilisation de la prime individuelle « d’exposition des personnels à des conditions de travail difficiles ». Enfin, Agnès Buzyn souhaite que les médecins mettent en place des délégations de tâches en direction des personnels paramédicaux. Ce qui permettra de verser aux soignants des primes de coopération. 

Dans sa lettre de mission adressée au député Thomas Mesnier, Agnès Buzyn précise qu’il pourra se faire aider d’une « représentation des professionnels paramédicaux œuvrant dans les services d’urgence ». Le rapport devra être remis fin novembre 2019, assorti de propositions concrètes « sur les mesures à mettre en œuvre ». 

 

Agnès Buzyn n’a en tout cas pas répondu aux revendications du Collectif Inter-urgences. Pour rappel, le collectif, qui fédère 82 SAU et organise ce jour sa première manifestation nationale à Paris, avait réclamé une augmentation nette de 300 euros mensuels, l’arrêt de la fermeture de lits d’aval, l’arret de la fermeture de services d’urgence, l’arrêt de la fermeture de lits de Smur, la stagiairisation de tous les contrats précaires, l’augmentation des effectifs des services d’urgence en proportion à l’augmentation de l’activité, et l’application du référéntiel Samu-Urgences de France. 

 

 

Portrait de Jean-Bernard Gervais

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