Couple de médecins : une réalité sociologique ?

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What’s up Doc a épluché les études et interrogé des économistes et sociologues pour y voir plus clair dans le choix des médecins concernant leur partenaire de vie.

Couple de médecins : une réalité sociologique ?

« Il est rare que les chercheurs travaillent sur un sujet aussi précis… ». L’économiste Pierre Courtioux 1, qui enseigne aujourd’hui à la Paris School Business a failli nous décourager… mais non ! Il est vrai que les données sur l’homogamie (voir ci-dessous ) au sein du milieu médical ne se sont pas pléthoriques. Mais quelques travaux éclairent et quantifient ce phénomène, empiriquement souvent décrit, jusqu’à qualifier ces lignées et familles de médecins de « castes ».

UN TIERS DES MÉDECINS EST EN COUPLE AVEC UN MÉDECIN

Les chiffres issus des enquêtes Emploi INSEE annuelles (1) sont sans appel : une femme médecin a une probabilité de 29,1 % d’être en couple avec un homme médecin et du côté des hommes médecins, ce chiffre est de 30,1%. Une forte homogamie éducative donc ! L’alliance des médecins avec des conjoints exerçant une activité paramédicale est aussi plus fréquente : les hommes médecins ont une probabilité de 14,4 % d’être en couple avec une infirmière, aide-soignante ou sage-femme. En revanche, les femmes médecins sont moins souvent en couple avec un homme exerçant une profession paramédicale, ce qui s’explique tout simplement par le fait qu’ils y sont beaucoup moins représentés ! De leur côté, les dentistes se marient moins souvent entre eux que les médecins.

DES DIFFÉRENCES VILLE/CAMPAGNE ET SALARIAT/LIBÉRAL

Autre travail, certes un peu ancien mais néanmoins éclairant, une étude de la DREES de 2005 (2), sur la situation professionnelle des conjoints de médecins. Elle montre que les médecins installés en zone urbaine ont une forte proportion de conjoints cadres supérieurs (46 %), tout particulièrement les femmes médecins (57 %). En revanche les médecins qui exercent en zone rurale ont beaucoup moins fréquemment des conjoints qui travaillent et encore moins à ce niveau de responsabilités. Pour autant, l’organisation traditionnelle – assez « cliché », plaçant l’épouse du médecin comme secrétaire du cabinet ne correspond plus à la réalité aujourd’hui : seuls 8 % des médecins généralistes actifs libéraux déclarent avoir un conjoint aidant (secrétariat, prise de rendez-vous…). Enfin, l’homogamie est la plus forte chez les médecins salariés non hospitaliers (29,5 %), puis chez les médecins libéraux, qu’ils soient généralistes ou spécialistes (25 %), puis chez les médecins hospitaliers exclusifs (20 %).

ET LES DIVORCES ?

Selon une étude parue dans le BMJ en février 2015 (3), portant sur plus de 6 millions de professionnels de santé et autres secteurs d’activité (avocats…) exerçant aux États-Unis, les infirmières (33 %) ont une probabilité de divorcer supérieure aux médecins (24 %), aux dentistes (25 %), aux pharmaciens (23 %) et aux avocats (27 %). Sur l’ensemble des professionnels interrogés, le taux de divorce est de 35 %. Cette étude montre donc que, contrairement aux idées reçues, le risque de divorce n’est pas plus élevé chez les médecins qu’au sein d’autres professions. Tout du moins aux États-Unis car il n’existe pas d’étude équivalente menée en France ! Autre enseignement intéressant : le risque de divorce est plus élevé chez les femmes que chez les hommes médecins.

 

 

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