Charles-Edouard Notredame : « Lutter contre les préjugés en santé mentale ».

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3 questions au président de l'asso des internes en psy lillois.

Charles-Edouard Notredame : « Lutter contre les préjugés en santé mentale ».

Charles-Edouard Notredame est président de l'association des internes et anciens internes en psychiatrie (AIAIP) de Lille depuis deux ans. A l'occasion de la manifestation « Dansons comme des fous », organisée le 20 septembre par l'AIAIP, il nous parle des activités de l'asso.

WUD : Pourquoi êtes-vous si actifs chez les internes en psy lillois ?

C'est comme pour la pub Orangina : PARCE QUE !

Plus sérieusement, nous sommes une association très dynamique au niveau régional. Nous essayons d'animer la vie associative, de représenter les internes, de travailler à l'amélioration des qualités pédagogiques des stages et, bien sûr, d'organiser des soirées ! Nous avons aussi profité de certains contacts pour promouvoir des actions d'un nouveau genre. Nous sommes plutôt opportunistes.

L'objectif : lutter contre les préjugés en santé mentale. Il y a d'abord eu le partenariat avec l'Ecole de journalisme de Lille (ESJ) et la Fédération régionale de recherche en psychiatrie et santé mentale, pour sensibiliser les journalistes à la santé mentale. Il a abouti à la création d'un glossaire de précautions sémantiques en psychiatrie. Et par ailleurs, une amie qui connaissait des personnes du Comité national olympique sportif français nous a permis de mettre en place la manifestation « Dansons comme des fous » dans le cadre de la semaine « Sentez-vous sport ».

WUD : Comment le sport peut-il aider à sensibiliser le public aux troubles mentaux ?

Pendant longtemps, on a médicalisé la maladie mentale, en pensant que les gens la considéreraient comme une maladie comme les autres. Or, cela ne fonctionne pas et on continue à stigmatiser les personnes atteintes de troubles mentaux. Pour nous, il faut susciter la rencontre pour que les gens apprennent à être plus prudents, à montrer de l'empathie envers ces personnes. En dansant la zumba avec une personne atteinte de schizophrénie, on peut mieux la comprendre et donc mieux la respecter !

WUD : Et les journalistes ? Comment les aider à améliorer leur traitement des sujets sur la santé mentale ?

Les mots peuvent avoir un impact catastrophique quand ils sont mal utilisés. Employer un vocabulaire approprié est un vrai défi pour les journalistes. A l'école de Lille, nous avons voulu mettre en place un échange d'étudiants à étudiants. Nous souhaitions comprendre leurs contraintes et les guider sans être trop intrusifs. Nous avons participé à des ateliers avec eux, mais nous avons aussi voulu mettre en place les réseaux de demain. Nous avons échangé nos numéros de téléphone, à la fois pour préparer les ateliers, mais aussi pour qu'ils puissent nous contacter plus tard dans le cadre d'un sujet touchant à la psychiatrie. Les psychiatres doivent aussi apprendre à ne pas avoir peur de parler aux journalistes !

Source:

A.-G.M.

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