Cette année encore, le podium est occupé par 3 spécialités bien connues : chirurgie plastique, ophtalmologie et dermatologie. Soit 3 choix qui assurent un niveau de vie confortable pour celles et ceux qui s’installeront après en libéral. « Ce sont des spés avec un confort de vie important après les études, souligne Sarah Daubresse, vice-présidente de l’ANEMF chargée des études médicales et également étudiante au Kremlin-Bicêtre. Ce sont aussi 3 spés lucratives », reconnaît-elle avant d’ajouter : « Néanmoins, je pense que l’argent n’est pas la seule motivation, car si tel était le cas on ne tiendrait pas 10 ans psychologiquement en études de médecine. »
Sarah Daubresse souhaite, elle, s’orienter vers la psychiatrie (40e spécialité dans le classement). « C’est une spé d’avenir, même si elle semble peu attractive », assure-t-elle. Pour l’ANEMF, le choix des spécialités peut aussi s’expliquer par la manière dont se déroulent les stages et les enseignements. « Nous avons fait une étude, ajoute Yaël Thomas, président de l’ANEMF, qui montrait que quand les stages se passaient bien en psychiatrie, il y avait un regain d’intérêt après. Il n’y a aucune raison que cette conclusion ne s’applique pas aussi aux autres spécialités. »
"Les conditions de travail se sont dégradées et la confiance en l’avenir aussi. Certaines spécialités ont pu perdre en attractivité. "
En fin de classement, médecine et santé au travail s’installe, juste après biologie médicale et santé publique. « Il serait intéressant de croiser ces données avec les données de genre, interroge Caroline de Pauw, sociologue de la santé et directrice de l’URPS Haut-de-France Médecin. Ce qui m’interroge aussi, c’est pourquoi certaines spécialités sont moins choisies ? Est-ce à cause des contraintes administratives, du rythme de travail, d’une méconnaissance de cette branche de la médecine ? Ce sont de vraies interrogations qui méritent qu’on s’y arrête si l’on veut comprendre l’image qu’en ont les futurs médecins. »
https://www.whatsupdoc-lemag.fr/classement/specialites/2023
À noter dans le reste du classement, dégringolade de maladies infectieuses et tropicales de la 3e place en 2017 à la 11e en 2022. Il en va de même pour médecine intensive-réanimation, qui passe de la 12e place en 2017 à la 25e place. Quant à anesthésie-réanimation, cette spécialité grimpe de 9 places pour atteindre le 8e rang en 2022. Peut-on y voir un effet COVID ? « Je pense que cela a pu jouer, continue la sociologue. Les conditions de travail se sont dégradées et la confiance en l’avenir aussi. Certaines spécialités ont pu perdre en attractivité. »
Enfin, perte de 10 places d’attractivité pour anatomie et cytologie pathologique, passant de 21e à la 31e. De son côté, médecine interne gagne 5 places en un an (19e) pour retrouver un niveau proche de 2017 (20e). Il en est de même pour médecine nucléaire qui passe de la 19e place en 2017 à la 12e place. Des spécialités moins connues et souvent moins mises en avant lors des études.
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