14 février : la Saint-Valentin de l’hôpital public !

Article Article

De nombreuses organisations syndicales et collectifs appellent à une nouvelle journée de grève et de manifestation le 14 février. Coup de projecteur sur leurs revendications.

14 février : la Saint-Valentin de l’hôpital public !

« Le 14 février, déclarons notre flamme à l’hôpital public », exhortaient les organisations syndicales des personnels médicaux hospitaliers (INPH, Jeunes Médecins, APH, CMH, CPH, AJPH, Isni, FNSIP-BM, Snam-HP…) dans un communiqué commun daté du 7 février dernier. Elles appellent en effet tous leurs collègues praticiens et internes à participer à cette journée de mobilisation et annoncent qu’elles déposeront un préavis de grève. Parmi elles, l’Isni qui a décidé de lever son préavis de grève pour se concentrer sur la mobilisation du 14 février.

Tous les personnels hospitaliers et les usagers sont invités à participer à de grands rassemblements festifs dans les grandes villes pour « montrer aux pouvoirs publics notre attachement commun à l’hôpital », poursuit le communiqué qui ajoute que, pour se reconnaître, « chacun pourra apporter une fleur blanche qui sera déposée près d’un lieu symbolique de notre système de santé ».


 
Aujourd’hui, l’appauvrissement du financement de l’hôpital, « la perte d’attractivité des carrières des personnels hospitaliers et une gouvernance interne trop peu partagée fragilisent sa place pourtant essentielle dans le système de santé », estiment les organisations syndicales des personnels médicaux hospitaliers.
 
Même combat pour d’autres organisations syndicales (Amuf, CFTC, CFE-CGC, CGT, CFDT, Sud et Unsa…) et collectifs (Inter-Blocs, Inter-Urgences, Inter-Hôpitaux, printemps de la psychiatrie, Coordination nationale des comités de défense des hôpitaux et maternités de proximités…) qui ont également appelé à une journée de grèves et de manifestations le 14 février (voir le lieu de rendez-vous ci-dessous) pour défendre l’hôpital public, dans un communiqué commun daté du 11 février.
 
Les organisations exigent des pouvoirs publics les moyens nécessaires à une refondation du service public hospitalier et du système de santé et d’action sociale, mais aussi des mesures immédiates (lire encadré en fin d’article) pour « endiguer l’hémorragie qui met en péril l’hôpital public, fleuron de notre système de santé, et les missions de services publics dans les autres établissements du sanitaire, du médico- social et du social ».
 
Elles considèrent en effet que « des pans entiers de l’activité hospitalière et des établissements de la santé et de l’action sociale s’effondrent et les réponses du gouvernement ne sont absolument pas à la hauteur des enjeux ».

Le SNPHARE mobilisé

Quant au SNPHARE (Syndicat national des praticiens hospitaliers anesthésistes-réanimateurs élargi), il a aussi déposé un préavis de grève des soins urgents et non urgents pour le vendredi 14 février, pour demander d’urgence un plan ambitieux et efficace de sauvetage de l’hôpital public. 
 
Selon le syndicat, les mesures du plan « Investir pour l’hôpital » d’Agnès Buzyn « ne répondent en rien au manque cruel d’attractivité de l’hôpital public pour les personnels soignants, paramédicaux et médecins : rémunérations, conditions de travail, réouvertures de lits, refinancement de l’hôpital, gouvernance… le compte n’y est pas du tout, et les discussions en cours sur la modernisation du statut de PH éludent toutes les questions essentielles ! », précise le communiqué daté du 10 février.
 
Enfin, le Syngof-PH (Syndicat national des gynécologues et obstétriciens de France) appelle tous les gynécologues hospitaliers à se mobiliser le 14 février pour « la Saint-Valentin de l’hôpital public », car « les annonces en trompe l’œil de la Ministre ne répondent en rien au malaise persistant ».             
 
Et de lister les raisons pour lesquelles il appelle à faire grève : appauvrissement de l’hôpital, perte d’attractivité des carrières hospitalières, gouvernance administrative, poids mal reconnu du rôle d’urgentiste de la femme tout au long de sa vie, pendant ou en dehors de la grossesse… Des raisons qui « conduisent à une fuite inquiétante des gynécologues obstétriciens, souvent doublée de l’abandon de l’obstétrique ». Une fuite qui concerne malheureusement de nombreuses spécialités…

 

Lieu de rendez-vous à Paris 
Rassemblement festif en musique prévu à 12h devant l’Hôpital Necker suivi d’une manifestation à 14h passant par la maternité Port Royal et arrivant à l’hôpital de La Pitié Salpêtrière avec dépôt de fleurs blanches.
Mesures immédiates exigées
- L’augmentation du budget consacré à l’hôpital au moins égal à l’évolution naturelle des dépenses (4,4%) ; il faut un correctif budgétaire sur l’ONDAM dans la loi de la sécurité sociale allant dans ce sens ;
- La reconnaissance et la revalorisation générale des carrières médicales et non médicales, notamment en début de carrière, se traduisant par une augmentation salariale ;
- Le recrutement immédiat de professionnels supplémentaires et plan de formation pluridisciplinaire ;
- La reconnaissance de la pénibilité de nos métiers ;
- L’arrêt de toutes les fermetures d’établissements, de services et de lits et la réouverture de lits et de structures, y compris en psychiatrie, partout où cela est nécessaire ;
- Une gouvernance des hôpitaux, des établissements plus ouverte aux professionnel·le·s , aux personnels et aux usager·e· ;
- L’égalité d’accès, d’accueil et de prise en charge de qualité pour la population sur tout le territoire.

 

0 commentaires (s)

Les gros dossiers

+ De gros dossiers