PH, PU-PH, en libéral, en salariat, généraliste, spécialiste... 9 médecins nous révèlent combien ils gagnent vraiment

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L’hétérogénéité des profils de revenus des médecins est certaine. Pour sortir des moyennes, passons des quelques données macro au plan micro avec des focus sur des consœurs et confrères qui nous ouvrent leur portefeuille.

 

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Disapo slid

PsyKastor : - Spécialité : psychiatre - Âge : 52 ans - Situation personnelle : divorcée, 3 enfants

Mode d’exercice : - Libéral secteur 1 - Maison de santé - Sous le régime BNC (Société interprofessionnelle de soins ambulatoires (SISA) pour la maison de santé)

Temps de travail hebdomadaire :
8 à 9 longues demi-journées : 33,5 heures hebdo de consultations jusqu’en septembre 2022, puis 8 demi-journées pour 43 heures. Avec une demi-journée pour l’administratif, les réunions, les appels en plus.

Pas de permanence de soins.

Congés annuels : 7 à 8 semaines.
« Au début en libéral, je ne prenais qu’1 à 2 semaines par an ! Il existe peu de remplacements possibles en psy libéral, mais les généralistes de la maison de santé dans laquelle je travaille ont l’habitude des traitements que je donne et je sais que mes patients ne vont pas se retrouver sans solution pendant mes vacances. De plus, je reste joignable si besoin. » 

Rémunération annuelle : 46 722 € net imposable, comprenant 4 500 € de pension alimentaire. 

Êtes-vous satisfaite de vos ressources ? 
« Globalement oui. J’ai augmenté d’une demi-journée mon temps de travail et je ne souhaite pas l’augmenter davantage. Globalement ça me va. J’ai la garde exclusive de mes enfants depuis 10 ans, et je ne pouvais pas rester PH temps plein, donc je suis passée en temps partiel. J’ai choisi de gagner moins mais d’avoir une meilleure qualité de vie. » 

Et au regard de votre travail ? 
« Non. Je suis secteur 1, donc une consultation c’est 45,20 €. Pour que ça soit rentable, il faut que ça dure au maximum 30 minutes. Or j'exerce dans un département très pauvre en pédopsy, donc j’accepte de recevoir des ados. Et 30 minutes c’est bien court pour les moins de 16 ans. On est plutôt sur du 45 minutes. Pour les ados, on a une majoration de 2 €… Donc non, je ne trouve pas que la rémunération soit à la hauteur. On doit gérer des ados qui vont très mal avec des hôpitaux débordés, des jeunes en grave danger suicidaire qui devraient être hospitalisés. Et même hospitalisés, cela nous arrive de faire le suivi psy, faute de pédopsy hospitalier !

Autre point sur lequel je voudrais insister : la prise en charge quand on est en arrêt maladie n’est pas à la hauteur. J’ai été arrêtée un mois l’an passé et je n’ai presque pas eu de revenu. » 

Combien souhaiteriez-vous gagner ?
« Au vu des responsabilités que l’on a, je pense qu’il faudrait que l’on soit à 60 € pour une consultation adulte et 70 € pour une consultation en pédopsy. »

 

Disapo slid

HepatoGauret : - Spécialité : hépato-gastro-entérologie - Âge : 43 ans - Situation personnelle : marié, 2 enfants

Mode d’exercice : MCU-PH à l'AP-HP

Temps de travail hebdomadaire : - 50 heures cumulées entre l’hôpital et la fac (dont 2 jours jusqu’à 19 h 30)
+ 6 à 8 heures de travail hebdomadaires au domicile en plus des 10 demi-journées.
- 3 à 4 astreintes par période de 6 mois (samedi et dimanche).    

Congés annuels : - 5 semaines sans décrocher (visios, mails…)

Rémunération annuelle :
Hospitalo-universitaire : 76 735 € net avant impôt + 400 € par an pour une conférence

Êtes-vous satisfait de vos ressources ? 
« Au regard de mon travail, certainement pas ! J’ai longtemps peu gagné, internat, clinicat, INSERM… L’indemnité d’engagement de service public exclusif, revalorisée pendant le Covid, a quelque peu amélioré ma situation.

Un minimum de 6 000 € net par mois me semblerait plus correct, mais surtout, que le calcul retraite porte sur mes deux salaires et pas seulement sur l’un, c’est le statut infernal des universitaires qui décourage les plus jeunes. La réponse qui nous est apportée ? "Si vous êtes insatisfaits de votre future retraite, faites du privé à l’hôpital". Comme 80 % des universitaires, je ne fais pas de privé à l’hôpital ! J’ai choisi le public par engagement et j’adore ma variété de tâches, dont l’enseignement et la recherche. Même si j’optais pour une mixité de mon exercice, je ne souhaiterais jamais que les patients du privé deviennent prioritaires.

Le dispositif privé secteur 1 à l’hôpital est intelligent : il permet de rémunérer le tarif Sécu de certains actes directement au PH, et pour le malade, cela ne change rien. Cette formule, peu utilisée, encourage les médecins – dont des pointures convoitées à l’international – à rester à l’hôpital.

Ce qui me choque dans la rémunération des médecins, ce sont surtout des exceptions qui jurent dans le décor. Dans le privé, ça me choque quand le service rendu est peu complexe. Par exemple, 2 000 € pour une coloscopie renouvelée tous les ans, en laissant un polype en place… ça fait grincer des dents. De même que les situations confortables de certains PH ou PU-PH dont tout le monde sait qu’ils se tournent les pouces et à qui personne ne dit rien…

Enfin le mythe du médecin qui fait tout seul, en mode deus ex machina, doit tomber. Un médecin n’est rien s’il ne fait pas partie d’une équipe médicale, et sa rémunération ne devrait plus s’envisager de façon isolée. »

 

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On fait les compte en précisant leur spé, leur mode d’exercice, leur temps de travail estimé. Et on regarde leurs sources de revenus dans leur ensemble.

On leur a demandé également ce qu’ils p

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