"Une vraie volonté de montrer un service de psychiatrie en souffrance"

Entretien avec Émilie Noblet, réalisatrice de la série HP, une nouvelle série médicale française qui, comme son nom l'indique, a lieu dans un service de psychiatrie. 
 

WUD : Pourquoi avez vous eu envie de réaliser une série qui se passe dans un hôpital psychiatrique ?

Émilie Noblet : Dès la lecture du script, j’ai beaucoup aimé les personnages, tous complexes. Je trouvais que cela montrait de manière intelligente que la folie pouvait être un peu partout. À travers le personnage de Jimmy (un des internes, NDLR), ça permet d’évoquer la souffrance des jeunes médecins, et je trouvais ça important aussi. Et puis le format, court, et le ton, entre drame et comédie, sont assez novateurs dans la fiction française. Tout cela m’a donné envie.
 
WUD : J’ai beaucoup aimé le ton adopté, sans misérabilisme, et la bienveillance portée sur la psychiatrie. C’est assez unique pour une série sur la santé mentale. Comment expliquez vous ce choix ?
EN : C’était un vrai parti pris. Le fait de tourner dans un hôpital psychiatrique en fonctionnement, Paul Guiraud, à Villejuif, au milieu de vrais patients a dû aider. Dans la direction des acteurs, je voulais de l’humour mais surtout pas de moquerie. C’est toujours en suivant cette ligne que nous avons travaillé avec les acteurs. Il y avait aussi une vraie volonté de montrer un service de psychiatrie en souffrance, à travers par exemple la scène où une sortie se fait de manière expéditive par manque de lit. Je voulais aussi montrer le manque de moyen de cette spécialité avec le contraste des locaux du service de neurologie, qui sont beaucoup moins délabrés.
 
WUD : Oui, c’était plus vrai que nature ! D’autres aspects sont moins réalistes …
EN : Faire de la fiction amène à faire des compromis avec le réel, et ce n’est pas toujours simple. Par exemple, la scène de la sismothérapie a posé question avant le tournage, je sais que dans la vraie vie ça ne se fait pas comme ça, en urgence, dans la chambre du patient… Mais à ce moment de l’histoire il fallait un événement fort et immédiat. De plus, on avait 20 minutes pour la tourner ! Le tournage de cette scène a été éprouvant, d’autant plus que certains membres de l’équipe connaissaient ce traitement.
 
WUD : Et du côté des malades ?
EN : Je voulais éviter de donner des diagnostics, les tableaux cliniques sont donc volontairement des patchworks de pathologies. Après, la réalité rejoint parfois la fiction, puisqu’une des patientes de l’hôpital pensait être une star hollywoodienne, comme le personnage de « Beyoncé » (qui, comme son nom l’indique, est le franchouillarde de 50 ans qui pense être « Queen B », NDLR). Cette patiente était ravie de la présence de caméra à l’hôpital !
 
HP10 épisodes de 22 min à découvrir sur OCS à partir du 6 décembre.
 

Portrait de Jean-Victor Blanc

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