Un nouveau virus fait trembler le Brésil

Une trentaine de cas d’infections dues à un rétrovirus inconnu ont été détectés dans l’État du Mato Grosso, au Brésil. Des scientifiques s'interrogent quant à sa contribution à la situation épidémique que connait le pays.

On nous l’a dit et répété : le monde est entré dans l’ère des grandes pandémies. Et on ne croyait pas si bien dire. L’épidémie mondiale due au covid n’est pas achevée que se profile le risque d’une nouvelle crise. Le coupable n’est cette fois-ci pas un coronavirus, mais un rétrovirus. Il n’a pas été transporté par un pangolin, et encore moins par une chauve-souris, mais probablement par des fourmiliers tamanoirs vendus sur les étals du marché de viande de brousse de Cuiabá, capitale de l’État du Mato Grosso, au sud du Brésil. Et les parallèles avec la situation qui prévalait à Wuhan, en Chine, début 2020 sont flagrants.

Calquant leur conduite sur celle des responsables de la province chinoise du Hubei, les autorités sanitaires brésiliennes se veulent rassurantes, et insistent sur le fait qu’elles n’ont pour l’instant dénombré que 34 cas. « Ce rétrovirus ne se transmet pas d’humain à humain », a affirmé Mauro Mendes, gouverneur du Mato Grosso, dans un discours retransmis mercredi en direct sur la chaîne publique TV Brasil. « Ce minable virus peut bien venir, je lui botterai le c… à grands coups de tatanes », a déclaré dans la soirée sur Twitter le président brésilien, Jair Bolsonaro.

Chloroquine vs. grande battue au tamanoir

Dans un langage plus policé, le Pr Chico Rassurão, virologue à l’université de Sao Paolo, a annoncé que d’après des études préliminaires, « les patients atteints par le rétrovirus semblent bien réagir à l’hydroxychloroquine, dont le pays a par bonheur l’année dernière constitué des stocks conséquents sur les conseils du grand scientifique français Didier Raoult ».

Mais dans l’opposition, l’inquiétude commence à monter. À tel point que l’ex-président Lula a réclamé non seulement « un confinement des plus stricts » dans la ville de Cuiabá, mais aussi « une grande battue au tamanoir afin d’assécher le réservoir du rétrovirus ». Le leader de la gauche brésilienne s’est à cette occasion attiré les foudres des organisations environnementales, le tamanoir étant une espèce classée comme vulnérable par l'Union internationale pour la conservation de la nature (UICN).

La France en alerte

Bien sûr, la France suit la situation de très près. Le ministre de la Santé, Olivier Véran, a estimé dans un communiqué que le risque d’importation de la maladie dans l’hexagone était « très faible », visiblement sans réaliser que c’est exactement dans ces termes que sa prédécesseure avenue Duquesne, Agnès Buzyn, avait parlé du Sars-Cov-2 en février 2020.

Et le parallèle ne s’arrête pas là. Il se murmure dans les couloirs du ministère qu’Olivier Véran pourrait être amené à quitter ses fonctions très prochainement pour prendre la tête de la liste LREM aux élections régionales en Auvergne-Rhône-Alpes. L’activiste Piotr Pavlenski, qui avait été à l’origine de la chute de Benjamin Griveaux en février 2020, contraignant Agnès Buzyn à prendre la relève, a en effet annoncé sur le réseau social russe VKontacte détenir une sextape « particulièrement intéressante » sur le candidat LREM, Bruno Bonell. Ou quand 2021 pourrait n’être qu’un variant (brésilien) de 2020.

Portrait de Adrien Renaud

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