Téléconsultation : c’est ceux qui en ont le plus besoin qui l’utilisent le moins

Aux Etats-Unis, moins de 1% des personnes âgées assurées par Medicare y ont recours

Perte d’autonomie, mobilité réduite, difficultés à conduire ou à prendre les transports en commun… Qui plus que les personnes âgées, ou du moins les plus malades d’entre elles, a besoin de services de téléconsultation ? La logique voudrait qu’aux Etats-Unis, pays où les médecins pratiquent le plus la visite virtuelle, les anciens y aient recours de manière très fréquente.

Et bien non.

Une récente analyse de l’agence « Kaiser Health News » a montré que moins de 1% des personnes assurées par Medicare, le programme gouvernemental américain destiné aux personnes âgées, utilisent des services médicaux à distance. Et pourtant, l’Association américaine de télémédecine prévoit que 800 000 téléconsultations auront lieu en 2015, soit… 2,5 visites par habitant.

Des assureurs frileux

La raison de cette aberration est à rechercher du côté de la frilosité des assureurs : Medicare limite l’accès à la téléconsultation pour les plus de 65 ans, car le programme a peur de voir ses coûts grimper en flèche. « L’avantage même de la télésanté, sa capacité à rendre les soins plus pratiques, est aussi potentiellement son talon d’Achille », explique l’analyste de Rand Corp. Ateev Mehrotra dans les colonnes de « Kaiser Health News ». « La télésanté pourrait être "trop pratique" », ajoute-t-il.

Heureusement pour les aînés américains, les choses sont en train de changer. Certains prestataires de soins, parce qu’ils ont la spécificité d’être payés par les assureurs au forfait et non à l’acte, sont justement en train de développer la téléconsultation pour les personnes âgées, explique « Kaiser Health News ».

De toutes façons, les personnes âgées américaines sont des télépatients bien mieux lotis que leurs homologues français. Chez nous en effet, la téléconsultation est certes légale depuis 2010, mais elle n’est que très rarement prise en charge par les assureurs, qu’il s’agisse de la Sécurité Sociale ou des complémentaires. Et ce quel que soit l’âge du patient…

Source: 

Adrien Renaud

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