Service sanitaire : les indemnités réévaluées ?

L’indemnité forfaitaire accordée aux étudiants dont le terrain de service sanitaire est à plus de 15 km du lieu de formation ne convient pas. L’Anemf a proposé une nouvelle grille, et attend un retour de la DGOS.
 

Bilan mitigé pour la première année de service sanitaire. Mis en place à la rentrée 2018 pour les étudiants en santé, le dispositif semble plaire. Sauf quand il coûte cher. Lorsqu’il faut se déplacer sur des lieux de prévention situés à plus de 15 km du lieu de formation, les étudiants sont indemnisés à hauteur de 130 euros. Un forfait inadapté, pour l’Association des étudiants en médecine de France (Anemf), qui demande des indemnités plus intelligentes.
 
« C’est notre principale revendication », explique à What’s up Doc Roxane Hellandsjö-Prost, présidente de l’Anemf. L’association avait déjà tapé du poing sur la table pour que les indemnités qui tardaient à tomber sur les comptes des étudiants soient versées au plus vite. C’est désormais chose faite. Il s’agit maintenant d’affiner les inégalités.
 
« Nous avons proposé une nouvelle grille d’indemnités à la DGOS (1), et nous attendons une validation », ajoute-t-elle. Lorsque le terrain de stage est trop éloigné, 130 euros ne suffisent pas à couvrir les frais. L’idée serait de passer d’un forfait à une grille progressive, plus juste.

Tous ensemble chacun dans son coin

Côté mise en place des projets, ça rame encore un peu. Dans la région Centre-Val de Loire, 1218 étudiants ont participé au service sanitaire, rapporte l’Agence régionale de santé. Ils ont pu mettre en place des projets de prévention dans 257 lieux d’accueil (dont près de deux tiers d’établissements scolaires) … Mais sans les futurs médecins, qui arriveront pour la session 2019-2020.
 
L’implication des facultés de médecine, pour la première moisson, a été inégale. « Certaines ont joué le jeu, d’autres n’ont rien fait, et d’autres encore sont en phase de transition », remarque la présidente de l’Anemf. « Mais dans l’ensemble, les retours sont corrects sur le principe de faire de la prévention chez les jeunes. La pratique est appréciée ».
 
Encore faut-il que la formation se mette en place. Dans de nombreuses universités, les étudiants ont été livrés à eux-mêmes, faute de théorie et de préparation des projets suffisantes. Dernier point : l’interprofessionnalité. L’un des piliers de l’initiative consistant à réunir futurs médecins, kinés, sages-femmes et autres professionnels de santé n’a, semble-t-il, été que très peu respecté.
 
(1) Direction générale de l’offre de soins
 

Portrait de Jonathan Herchkovitch

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